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Sassenage à la Une

            31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:50

            En fonction du nombre d'inscriptions,, nous le savions la, centaine de personnes pour ce 40 ème anniversaire de présence communiste à Sassenage serait dépassée !

            Ceux qui avaient répondu présents ont pu goûter la façon particulière dont Michel Barrionuevo a rendu compte de ces 40 années.

            Pas la langue de bois, mais à chaque période l'espace historique, Annie David, Sénatrice communiste de l'Isère dira combien elle est fière de ces élus communistes qui ne rechigne jamais devant les combats.

            Voici l'intervention de Michel Barrionuevo, la vidéo est à la suite de ce texte :

            Mesdames, messieurs, cher-e-s ami-e-s et camarades,

            12 élu-e-s communistes et apparentés ont siégé au cours de ces 40 années de mandat municipal à la ville de Sassenage.

            De 1977 à aujourd’hui (et ce mandat n’est pas fini), j’ai été élu tout au long de ces 40 années successives.

            Sur les 6 premiers élus de 1977, Jean Tufferi nous a quitté, il y a un peu plus de 5 ans et sa famille m’avait demandé de lui rendre hommage lors de ses obsèques le 27 janvier 2012. J’ai effectué des recherches sur Françoise Colbeau qui se sont avérées vaines, j’ai retrouvé Francine Bombled que j’avais croisé durant la lutte des Caterpillar au Tribunal de Grenoble, ce soir, elle doit s'occuper de son petit fils, Georges Mottin et Joseph Falco sont là et je voudrais les remercier fraternellement.

            Tout comme, je voudrai remercier parmi les anciens élus communistes et apparentés que je citerai plus tard. Mireille Heurtier, après avoir vaincu une première fois un cancer et à nouveau touchée par cette maladie.

            Les élus du groupe « Agir pour Sassenage », les anciens élus socialistes ou ensemble pour Sassenage.

            Dans le cadre de cette fête des 40 ans de présence communiste au Conseil municipal de Sassenage, j’apprécie très fortement la présence parmi nous de

            Annie David, sénatrice de l’Isère et Secrétaire départementale de la fédération de l’Isère du Parti communiste français

            Yannick Boulard, que la plupart d’entre vous connaissent comme ancien Maire de Fontaine. Avec lui j’aurai eu de grandes complicités, au sein de la CGT, lui comme responsable des jeunes à l’UD, moi comme Secrétaire du syndicat des métaux de Grenoble Nord, ensuite, nous avons été élus lors du 22ème Congrès en 1976, au Secrétariat de la Section de Fontaine du PCF qui comprenait également Francine, nous sommes devenus des élus en 1977.

            Jean Paul Trovero et Laurent Jadeau, nous rejoindront plus tard, à la fin de mon intervention j'en reparlerai !

            Willy Pepelnjak, actuel secrétaire de la section PCF Fontaine rive gauche du Drac et Angeline Ricciardi, notre Secrétaire de cellule sassenageoise;

            En fait, pour bien faire, j’aurai du citer chacune, chacun d’entre vous qui me faites l’amitié d’être présent ce soir, d’autres arriveront plus tard. Excuser plus d’une vingtaine d’ami-e-s qui m’ont transmis des messages de sympathie.

            Le piquant de la vie, c’est la suite d’évènements imprévus que chaque personne gère à sa façon.

            Avant de venir habiter à Sassenage, je vivais sur le quartier « Bastille » à Fontaine, j’étais dirigeant syndical dans la métallurgie, adhérent du Parti communiste français. J’avais fait une demande de logement et face au délai d’attente, nous avons décidé d’acheter un appartement au Floréal à Sassenage en 1974. Si je dis cela, ce n’est pas anodin, lors du Conseil municipal du 9 mars dernier, un élu a prétendu que pour avoir un logement social dans la commune de Fontaine à direction communiste, il fallait prendre sa carte du parti ! Cette réflexion ne grandit pas son auteur.

            Dans le cadre de la préparation des élections municipales de 1977, un accord national avait été signé entre les différents partis politiques prévoyant la constitution de listes d’union de la gauche sur la base des résultats électoraux des 6 années précédentes.

            Lorsque nous avons rencontré la section locale du Parti socialiste, sur la base de cet accord et de nos résultats, nous revendiquions la tête de liste.

            A Fontaine, pour permettre que l’union de la gauche se réalise aux municipales comme sur les communes de Seyssinet, Sassenage et Seyssins, les communistes donneront plus de sièges au Parti socialiste que la moyenne des résultats électoraux antérieurs.

            Tenant compte de la réalité où chaque scrutin électoral a sa propre spécificité, à la réunion suivante entre les formations de gauche de Sassenage, nous ne revendiquions plus la tête de liste, mais un minimum de 8 élus, ce qui correspondait aux résultats réalisés par la liste communiste conduite par Roger Depassel, en 1971.

            Il est important de se remémorer l’histoire qui a précédé l’élection pour la première fois d’élus communistes sur Sassenage, un village d’environ 1 600 habitants

            Après la libération de Sassenage, le 22 août 1944, les Conseils municipaux ont été désignés par les différents Comités de Libération. Pour notre commune, ce Comité a choisi Louis Reverdy comme Maire et le communiste François Blumet, comme premier adjoint, je veux remercier la présence parmi nous de René, son neveu.

            Ce que le Comité de libération ignorait, c’est que tous deux étaient décédés en déportation. Finalement, c’est Gaston Morin qui sera le Maire jusqu’aux municipales du 29 avril 1945, avec 2 ou 3 élus communistes désignés.

            De 1945 au 19 octobre 1947, Auguste Quincieu sera le Maire, entre temps, le 4 mai les 5 ministres communistes sont renvoyés du gouvernement, il restait à ce moment là : Maurice Thorez, François Billoux, Charles Tillon, Georges Maranne et Ambroise Croizat, le père de la Sécurité Sociale.

            C’est dans ce cadre politique que Gaston Morin dans une configuration excluant les communistes, redevient Maire, avant de passer la main en cours de mandat à Roger Deschaux qui sera réélu largement dans une même configuration politique en 1953, 1959, 1965, 1971.

            Je reviens à l’élection de 1977, nous n’avons pas pu obtenir l’union de la gauche dès le premier tour, mais un accord de second tour sera acté :

            Au premier tour, 3 listes sont en présence, selon un scrutin majoritaire plurinominal à deux tours, avec panachage :

            • La droite conduite par Michel Vieux-Melchior recueille une moyenne de 26.18% des suffrages ;
            • La liste communiste conduite par Georges Mottin obtient une moyenne de 24,15%
            • La liste Parti socialiste et anciens conseillers conduite par Roger Deschaux qui engendre 3 élus dès le premier tour (Legrand, Perli et Basset) réunit 49,67% des suffrages.

            Au second tour, il reste donc 20 sièges à pourvoir, sur la base des résultats du premier tour, la proportionnelle entre les 2 listes se réclamant de la gauche donne une répartition de 15 sièges pour la liste Deschaux, 8 sièges pour la liste communiste. L’accord entre la section locale du PS et la délégation des cellules de Sassenage du PCF sera de 6 sièges dont 1 adjoint titulaire et 1 adjoint supplémentaire.

            C’est ainsi que le 20 mars : Georges Mottin, Francine Rico-Bombled, Françoise Colbeau, Joseph Falco, Jean Tufferi et moi-même avons été élus, mes camarades me choisissant comme Président de groupe.

            La première dissension a lieu lors de l’installation du Conseil, le 24 mars. Au poste de 3ème adjoint, je présente au nom de notre accord la candidature de Georges Mottin, Claude Hoffman présentera sa candidature et sera élu, après mon intervention sur le non respect des accords, la séance du Conseil municipal sera suspendue.

            Lors du Conseil municipal suivant, nous avions à l’ordre du jour, l’élection des 3 adjoints supplémentaires, des rapporteurs et des commissions. Au cours de mon intervention je propose que les 2 adjoints communistes occupent la 4ème et 6ème place, en annonçant les candidatures de Georges Mottin et de Francine Rico-Bombled. Roger Deschaux répondra à mon interpellation en disant que les élus, les plus nombreux au sein de ce Conseil, sont les anciens Conseillers et ceux de la société civile et il précise n’accepter qu’un adjoint et un rapporteur communiste.

            C’est ainsi que Georges Mottin est devenu le 5ème adjoint en charge des transports, voirie et circulation et que je suis devenu rapporteur de la commission.

            Avec Georges, notre première démarche a été le développement de la démocratie. Un budget avait été voté et les services techniques avaient établi une liste de reprises de voiries, avec des coûts estimés. A la première réunion de notre commission nous avons décidé d’innover, en demandant qu’elle se déroule, non pas en mairie, mais sur place, en interrogeant les habitants.

            Roger Deschaux me dira : « ça fait 30 ans que je suis élu et 27 ans que je suis Maire, et l’on n’a jamais fait comme cela ! ». Je lui rétorquai du haut de mes 27 ans : « nous, nous voulons faire avec les gens. »

            Finalement cette première commission hors les murs aura vu beaucoup d’élus présents dont le Maire, entourés d’une population très enthousiasmée.

            Dans les années suivantes, les budgets alloués à la voirie ont été quasiment nuls. Face à cette situation, la seule alternative que nous avions a été d’agir pour l’implantation d’abribus, pour la prolongation de la ligne de trolleybus de la Place de la Libération jusqu’à Air Liquide. Le rôle d’un élu, c’est d’être utile !

            Louis Maisonnat qui était à ce moment là Président du SMTC, nous a aidé à faire avancer les dossiers jusqu’à la réalisation concrète de ces équipements.

            Lors de la victoire de François Mitterrand en 1981, sur la base des engagements du Président de la République, je faisais une déclaration en Conseil municipal me félicitant de ce résultat et rappelant les points du programme concernant les collectivités territoriales. Il y avait beaucoup de scepticisme, mais Roger Deschaux dira : « Michel Barrionuevo a raison, j’ai discuté personnellement avec Pierre Mauroy et nous allons mettre en place la décentralisation. »

            Lorsque j’évoque du scepticisme, nous avons pu le vérifier lors des législatives de 1981, deux élus se disant giscardiens refuseront d’appeler à voter pour Louis Maisonnat

            A partir de ce moment là, les reports des excédents du compte administratif ont été affectés à la voirie, lors du vote du budget supplémentaire. C’est ainsi que la décision de refaire les ponts de la rue du Vinay et du chemin du Paget ont été prises, avec la volonté dans l’élargissement d’inclure des pistes cyclables, des trottoirs.

            C’est également durant cette période là que se dessinera la première ligne de tramway partant de la Place de la Libération à Sassenage jusqu’à Grand’Place, que nous obtiendrons. En corollaire, l’implantation du dépôt bus sera actée sur Sassenage. Ce dépôt bus permettra à notre commune de disposer d’une taxe professionnelle conséquente.

            C’est aussi durant ce mandat que le gymnase des Pies a été construit et que notre commune s’est dotée d’un Plan d’Occupation des Sols pour arrêter le mitage.

            Sur le plan national, il y a eu la semaine de 39 heures, les nationalisations, la 5ème semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, l’impôt sur les grandes fortunes, la loi de décentralisation, mais aussi le plan dit de rigueur de 1982.

            Aux municipales de 1983, sur la base du travail réalisé en commun, l’union de la gauche s’est réalisée, dès le premier tour.

            6 ans plus tôt, au second tour, la gauche avait rassemblé 62% des suffrages et l’autre liste avait été éliminée.

            Cette fois, avec le changement de la loi électorale, il y aurait une majorité et une opposition ! A tord, nous pensions que la victoire était inéluctable

            Face à nous, la droite conduite par Dominique Valeille a mené une campagne très offensive contre le projet de ZAC de l’Ovalie, avec ses logements sociaux, contre l’implantation de la station d’épuration ou bien contre la venue du tramway à Sassenage. Le fait que la tête de liste était partie en vacances pendant la campagne électorale a aussi été utilisé.

            Les communistes se sont sentis parfois un peu seuls dans la bataille.

            Le 6 mars 1983, la liste conduite par Dominique Valeille du RPR devient majoritaire avec 27 voix d’avance et 22 élus, celle conduite par Claude Hoffman obtient 7 sièges, parmi eux, Joseph Falco et moi-même, formeront le groupe communiste.

            Durant ce mandat d’opposition, notre groupe fera le choix de favoriser les aspects de la gestion allant dans le sens de l’intérêt des populations et d’être force de propositions. Du fait de ce choix, il y aura des votes parfois différents au sein de l’opposition, notamment en ce qui concerne la ZAC de l’Ovalie.

            A Grenoble, Alain Carignon est devenu Maire. Tout, comme les élus communistes de Grenoble, nous demanderons un référendum sur la venue du tramway. Nous nous heurterons à une fin de non recevoir, la majorité estimant que les sassenageois ne voulaient pas du tramway. Pourtant le dépôt-bus sera accepté, moyennant une répartition des taxes avec d’autres communes, comme du Fontanil-Cornillon qui avait accepté la station d’épuration.

            C’est durant ce mandat que va naitre notre action pour célébrer la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 1985 : nous sommes à 2 jours du premier tour des élections cantonales. Le canton de Sassenage a disparu au profit de 2 autres cantons, avec une ville de Fontaine coupée en deux. Yannick Boulard est notre candidat sur Fontaine-Sassenage face à Dominique Valeille. Le matin de très bonne heure avec mes camarades de la section de Fontaine nous venons de distribuer le journal de campagne en même temps que des fleurs à Confection 2000 Comme il reste des fleurs et des journaux, je vais venir devant la mairie et les bureaux des services techniques pour distribuer et offrir des fleurs. L’année suivante, le 8 mars tombe un samedi, dans la semaine qui suit, présent à une réunion de commission, la secrétaire me dit : « Monsieur Barrionuevo, cette année, il n’y a pas d’élections, alors on ne vous a pas vu avec des fleurs. » En réponse, j’ai fait une promesse : « tant que je serai élu, si le 8 mars tombe un samedi, je serai là, la veille, s’il tombe un dimanche, je viendrai le lendemain »

            Voilà 32 ans que cette initiative perdure avec diffusion d’un tract spécifique pour obtenir des droits supplémentaires, l’égalité, et des fleurs pour marquer le printemps des luttes.

            Pendant la période de ce mandat, différents évènements nationaux se produisent : départ des Ministres communistes du gouvernement en 1984, cohabitation de 1986 à 1988. Lors de la présidentielle André Lajoinie obtient 6,76% des suffrages, François Mitterrand est réélu Président de la République, sans obtenir de majorité absolue. C’est l’alliance à géométrie variable qui prédomine avec quelques fois l’apport des communistes, lorsque les projets de loi vont dans le bon sens. Bien souvent les actes politiques se mènent avec la droite et l’union du Centre, 4 ministres illustrent ce changement : Jean Pierre Soisson, Jean Marie Rausch, Michel Durafour et Olivier Strin.

            Cette situation, n’est pas sans répercussion pour la préparation des municipales de 1989, dans certaines villes à direction communiste. Malgré les appels à l’union et au rassemblement, des listes dissidentes socialistes affrontent les sortants, c’est par exemple le cas à Fontaine, où Jacqueline Balluet conduit une liste contre celle de l’union de la gauche conduite par Yannick Boulard. Sur Sassenage, la seule rencontre que nous obtiendrons avec la section locale, s’est faite le jour de l’ouverture du dépôt des candidatures, la liste PS, ensemble pour Sassenage avait été déposée, le matin même.

            Dans un laps de temps très court, nous sommes parvenus à constituer une liste rassemblant des communistes, des syndicalistes, des électeurs socialistes, des démocrates, liste déposée moins d’une heure avant la clôture.

            Cette division de gauche, en parallèle de la politique nationale auront permis la réélection de la liste conduite par Dominique Valeille.

            L’une des premières mesures qui sera prise sera la privatisation de notre eau confiée à la SAUR.

            3 ans plus tard, Dominique Valeille remporte l’élection cantonale sur Fontaine-Sassenage.

            En 1993, nouvelle période de cohabitation au niveau national. Tirant les enseignements de ces erreurs passées, Alain Chaplais a pesé fortement pour qu’aux élections municipales de 1995, la gauche se présente unie et rassemblée.

            Nous avons gagné de quelques voix, le scrutin a été annulé suite au recours de la droite et en février 1996, les composantes des groupes de la majorité bénéficiaire passait alors de 22 à 23 élus.

            Nos accords prévoyaient 2 adjoints : Guy Bisserier héritera de l’éducation, et moi-même des transports et des matériels des Services Techniques. 4 autres Conseillers municipaux viendront nous épauler : Joseph Falco et Roger Messina, dès le début du mandat, André Reysset, nous rejoindra bientôt et Gérald Spielman, intégrera le Conseil, suite au départ d’une conseillère municipale.

            La première action sera similaire à ce que nous avions fait en 1977, j’ai invité la commission et l’ensemble de la municipalité à faire le tour des services techniques pour montrer dans quelles conditions nos personnels remplissaient leurs missions.

            Ce n’était pas prévu dans nos engagements pour ce mandat, mais la première réalisation que nous avons menée à bien a été la construction du Centre technique municipal sur les terrains de l’ancien camping de Sassenage.

            Ensuite, collectivement, pour remplacer le gymnase du Centre tombé en désuétude, nous avons entrepris la construction de la Halle des sports.

            Nous avons voulu donner à notre population une eau pure et de qualité, potable naturellement comme celle alimentant les grenoblois ou les fontainois, en abandonnant l’eau collectée à partir du Germe et de la source Mayousse au goût de chlore. Ceci malgré la forte opposition de. Monsieur Coigné et des élus de son groupe amenant leurs gourdes d’eau en Conseil municipal.

            Très régulièrement des élus soulignent la qualité de nos équipements par rapport à notre population, les sassenageois ignorent que pour l’essentiel ces réalisations sont le fruit de municipalités de gauche.

            Au niveau du Plan de déplacements urbains, la prolongation de la ligne A du tramway jusqu’aux Engenières est actée, l’ami bus est mis en service sur les Côtes.

            Les 8,17 millions d’euros investis au cours de ce mandat, ce n’est pas de la cavalerie, c’est l’accroissement du patrimoine des sassenageois.

            Si la tangentielle nord-sud n’a pas défiguré notre commune, c’est parce que, avec beaucoup d’autres élus dont ceux de Fontaine, avec les habitants investis dans l’association SARPA, nous nous y sommes fortement engagés.

            Au cours de mandat, nous avons aussi travaillé à la mise en place d’un nouveau POS, avec la volonté de construire des logements sociaux, nous avons du faire face aux campagnes hostiles, à la remise en cause de notre POS.

            Sur le plan national, c’est Jacques Chirac qui après une dissolution en 1997 est contraint à la cohabitation. Des mesures positives seront votées, comme les 35 heures, la CMU, le PACS, l’allocation de rentrée scolaire, la suppression de la vignette automobile, la baisse de la TVA de 20,6 à 19,6%. Par contre, les mesures d’ouverture du capital de France Télécom, les privatisations des assurances, les dénationalisations, la réduction du mandat présidentiel avec l’inversion du calendrier électoral, ou bien le Traité d’Amsterdam et le Traité de Lisbonne, conduiront à la situation de 2002 et à l’élimination de la gauche du second tour de la présidentielle.

            Aux municipales de 2001, deux listes, l’une composée de l’opposition de droite sortante, l’autre dite indépendante vont s’opposer à la liste d’union de la gauche. L’angle d’attaque sera la bétonisation de Sassenage liée à la loi SRU promulguée en décembre 2000, la construction de logements sociaux, la venue du tramway qui amèneraient les délinquants des autres villes chez nous !

            La déception vis-à-vis de certains aspects de la politique nationale, liée à une forte campagne de pétitions contre les constructions sur l’Esplanade de la Mairie, signées par 2 400 habitants auront pour conséquence un premier tour altéré, par une forte abstention. La liste de rassemblement de la gauche ne rassemblera que 39,95% des suffrages exprimés.

            Au second tour, les deux listes de droite fusionnent et remportent les municipales avec 297 voix d’avance.

            Nous nous retrouvons dans l’opposition avec 7 élus, Mireille Heurtier et moi-même, formeront le groupe communiste. Le groupe Parti socialiste, ensemble pour Sassenage comprend 5 élus.

            Au sein de la majorité, il y avait également 2 groupes, une partie des colistiers de la liste des indépendants ont rejoint la coalition droite-centristes. 6 mois plus tard, la mascarade de la fusion de liste de droite est levée, Christian Coigné retire les délégations à son premier adjoint et à l’adjoint à l’urbanisme, faisant partie du groupe des indépendants.

            Une nouvelle opposition est née !

            Le nouveau Conseiller délégué aux finances qui succédera à l’un des adjoints démissionné, ne tardera pas, lui aussi, à se voir retirer sa délégation.

            Cette situation n’avait rien à voir avec celle vécue entre 1983 et 1995, sous les municipalités de Dominique Valeille, respectueux de l’opposition. Je garde en mémoire les mots abjects prononcés par le Maire Christian Coigné vis-à-vis d’Alain Chaplais frappé par une cruelle maladie : « vous n’avez rien dans le pantalon. »

            C’est également durant ce mandat allongé à 7 ans pour cause d’élection présidentielle que le Maire par décision personnelle se fera rouler dans la farine par la banque Dexia en souscrivant 2 emprunts structurés, dont l’un indexé sur le franc suisse, à aucun moment, il ne voudra revenir en arrière en écoutant son opposition.

            Nous voici en 2008, 3 listes sont à nouveau en présence aux élections municipales, celle conduite par Christian Coigné réalise 41,40% des suffrages, celle conduite par Yves Bernard, 18,44%, celle d’union de la gauche conduite par Chantal Duranton 40,16%. Au premier tour 59 voix d’écart séparent la droite, de la gauche. Au second tour, la liste Yves Bernard se retire sans donner de consignes de vote, Coigné qui a utilisé à fond les services municipaux durant sa campagne remporte le scrutin de seulement 54 voix.

            La gauche dispose de 8 élu-e-s dont Carole Guérain et moi-même comme élus communistes.

            Compte tenu, des irrégularités sur l’utilisation des services et du journal municipal, nous intenterons une action en justice. Ce jour là, notre avocat nous fera défaut et le Tribunal conclura qu’il n’y a pas lieu de refaire de nouvelles élections municipales.

            Alors la première décision prise par le Maire, sera d’en finir avec le groupe communiste, en exigeant que dorénavant, pour constituer un groupe, il faudra au minimum 4 conseillers municipaux. Suite à ma lettre de protestation, il me répondra : « Michel, On ne peut avoir le beurre et vouloir aussi la fermière et la vache... Il doit y avoir égalité et équité entre les Membres du Conseil municipal. L'opposition est constituée d'un seul groupe, d'une seule équipe. il ne peut y donc avoir qu'un seul groupe d'opposition…»

            A Monsieur le Maire qui a la mémoire courte, je rappelle les pratiques mises en place par la Gauche sous le précédent mandat. Après les nouvelles élections de février 1996, suite à l’annulation du scrutin de juin 1995, les 6 élus de l’opposition qui étaient sur la même liste ont formé 3 groupes politiques de 2 membres, au sein du Conseil municipal: RPR présidé par Dominique Valeille; UDF présidé par Christian Coigné et Non inscrits présidé par Jacques Deschaux.

            Une sassenageoise lui écrira : « Je viens de prendre connaissance de votre décision de suppression du groupe communiste au conseil municipal, que je désapprouve pour des raisons évidentes de démocratie. Mais quand je lis la réponse que vous adressez à la lettre ouverte de M. Barrionuevo, je trouve tout à fait désolant que vous ajoutiez la grossièreté au mépris de la démocratie. Pensez que vous êtes le Maire de tous les Sassenageois, et qu'il est important, a minima pour ceux qui n'ont pas voté pour vous, de ne pas vous montrer indigne de ce mandat.»

            Il répondra ceci à cette personne « Michel Barrionuevo a fait le choix de l'unité de la gauche pour les élections. D'ailleurs toute sa compagne a rappelé l'union de la gauche. Et une fois élu il souhaite s'en séparer. Vous trouvez cela cohérent ? »

            Ce type d'harcèlement a été utilisé contre les Rencontres de la danse, par rapport à un festival international de danse hip hop: l'action conjointe d'élus et de l'association ont permis la poursuite de cette expérience !

            Ce qui irrite au plus haut point M. Coigné, c'est de voir des femmes, des hommes qui ont la passion des intérêts du plus grand nombre, de refuser de capituler sous les pressions.

            En 1983, en 1995, en 2001, et en 2008, Michel Barrionuevo participait dès le premier tour à une liste d'union de la gauche, en poursuivant l'action du groupe des élus communistes, il ne s'agissait nullement de s'opposer à qui que ce soit. L'union, ne signifie nullement la disparition d'une pensée au profit d'une autre; au contraire, nous sommes unis et c'est nos différences qui sont sources de richesses.

            Un autre sassenageois lui écrira : « Renseignements pris, faut-il vous rappeler que l'association des maires recommande de laisser la possibilité de créer un groupe à partir de 2 élus ? La chasse au communisme et aux minorités est classiquement une activité d'extrême droite. Vous étiez jusque là à la fois apolitique et président du Nouveau Centre : je comprends maintenant différemment cette difficulté à afficher vos opinions.»

            C’est ainsi qu’après 31 ans de mandat, Christian Coigné a fait disparaitre par un artifice, le groupe des élus communistes. Le chiffre de 2 élus pour former un groupe a été remis dans le règlement intérieur du Conseil municipal en 2014, lorsque je me suis retrouvé seul élu communiste.

            Ce mandat de 2008 à 2014 aura connu la privatisation du service éclairage public et le début d’une nouvelle façon d’attribuer les logements d’urgence aux amis proches.

            Récidive également sur la renégociation des emprunts toxiques en 2009 et 2010.

            Un changement des règles dans les abattements fiscaux à la base, en réduisant le premier abattement de 15% à 5%, aura pour conséquence pour les personnes isolées et les ménages sans personne à charge, des hausses de la Taxe d’habitation variant de plus 13% à plus 23%, le motif invoqué étant de favoriser les familles à partir de 3 enfants.

            Très vite, ce motif va disparaitre, la majorité va s’attaquer aux enfants souffrant d’allergies alimentaires. En réunion de commission scolaire ( à ce moment là, il y avait encore des commissions) l’adjointe me répondra : « je ne sais quoi dire ! Pour le Maire, il faut bien faire payer davantage ceux qui déboursent le moins, c'est ça la justice ! » Puis ce sera les hausses de tarifs, pour les plus défavorisés 43,05%, pour les plus aisés 14,80%.

            Au niveau de l’accueil des enfants, la hausse uniforme de tous les quotients familiaux se traduira par plus 142,86% du prix du service pour les plus défavorisés.

            Fort du jugement de 2008, Christian Coigné n’hésitera pas à annoncer dans le journal municipal de septembre 2011, sa candidature aux sénatoriales sur la liste de Michel Savin !

            Le Sénat est devenu majoritaire à gauche, pour la première fois en septembre 2011, Annie David est Présidente de la Commission des Affaires sociales, pour 3 années. Sous son impulsion, en novembre 2011, dans le cadre du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2012, la majorité du Sénat adopte le principe de nouvelles ressources pour répondre aux besoins de notre système de protection sociale. Mesures que la droite rejettera à l’Assemblée Nationale. Nicolas Sarkozy, Président de la République dispose d’une très large majorité.

            En mai 2012, François Hollande devient Président de la République, chacun a en mémoire son discours du Bourget où il a ciblé son ennemi : la finance !

            Tous les éléments étaient réunis pour mettre en œuvre une politique de gauche, ce n’est pas le choix qui sera fait, on parle d’une politique social-libérale, d’un coup pour le PLFSS de 2013, les amendements approuvés l’année précédente seront fortement combattus par leurs auteurs. Oubliée la promesse de taxer à 75% les revenus dépassant le million d’euros annuel, oubliées les interventions précédentes concernant le développement de la sécurité sociale, oubliée la défense des services publics, etc… D’où un fort rejet de la politique nationale.

            Selon les données de l’INSEE en 2010, Sassenage est plus nantie que la moyenne des villes du pays avec un revenu fiscal de référence de 27 058 euros contre 22 246 euros. De plus, le chômage est faible en comparaison avec la moyenne française, à 7,4% de la population active contre 9,1%.

            Un an avant les municipales, le Maire lance l’opération « Projet de ville 2014-2020 ».

            C’est dans ce triple contexte que se déroulent les élections municipales de 2014. A Sassenage, la gauche va connaitre le plus faible résultat électoral jamais enregistré, 1 100 voix séparent la liste conduite par Yannick Belle par rapport à celle conduite par Christian Coigné. La gauche ne dispose plus que de 6 élu-e-s, je reste l’élu communiste.

            La première mesure décidée en mars 2014 par le Maire sera la suppression des commissions municipales. Seules les commissions obligatoires sont maintenues, comme celles : d’appels d’offre, CCAS, Comité Technique, CHSCT, consultative des Services publics locaux, communale pour l’accessibilité aux personnes handicapées.

            Pour autant cela ne signifie pas que vous soyez en mesure d’accomplir votre mission ! C’est ainsi que lors du Comité technique du 31 août 2015, une information concernant une réunion au théâtre en Rond avec l’ensemble du personnel communal est annoncée pour le 11 septembre.

            Lorsque le Maire s’est aperçu de ma présence à cette réunion concernant le devenir des personnels, il m’a interpellé, me demandant de quitter cette réunion parce qu’il ne fallait pas qu’elle devienne une affaire politique, faute de quoi, elle ne se poursuivrait pas.

            Pour lui, les conseillers municipaux minoritaires ne sont pas des élus à part entière !

            Encore heureux que les textes l’obligent à accepter notre présence aux Conseils municipaux. J’ouvre une parenthèse : en octobre 2001, j’ai créé un site, en 2007 un blog «élu communiste Sassenage » avec plus de 217 000 visiteurs, plus de 4 000 articles. »

            Après les départementales de 2015, des élus du groupe majoritaire m’ont appelé à me lever et à donner ma démission, suite à un article publié sur mon blog montrant la collusion droite/FN. Au dernier Conseil municipal, le Maire m’a demandé d’arrêter de parler des emprunts toxiques de Dexia.

            Ce comportement ne concerne pas uniquement l’opposition. Il n’y a plus de suivant sur la liste que Christian Coigné conduisait, il y a 3 ans. Il n’y a plus que 32 élus au lieu des 33 au Conseil municipal de Sassenage.

            Lorsque je regarde ce mandat par rapport aux quarante années écoulées, je ne peux manquer de m’interroger sur ce type de pratiques qui éloignent les élus des citoyennes et citoyens !

            Pour autant, malgré les difficultés, nous ne devons pas laisser faire, même si nos interventions agacent certains élus.

            Je me considère comme un élu à part entière, aujourd’hui, comme les élus du groupe Agir pour Sassenage, je veux, nous voulons disposer de tous les éléments et pas seulement de ceux obligatoires de par la loi.

            Ma conception de la mission de l’élu ne s’arrête pas au parvis de l’Hôtel de ville, avec les transferts de compétences à la Métropole, introduits par la loi, nous devons faire preuve de vigilance.

            Nous avons besoin de coopération pour apporter un meilleur service à nos populations.

            Pour moi, l’élu est avant tout un militant parmi les militants, à ce titre mon mandat me confère une responsabilité, celle d’être au plus prêt des femmes et des hommes, de toutes

            les préoccupations et pas seulement celles liées à la vie municipale.

            La Paix, les questions internationales, les décisions prises par les entreprises qui favorisent les profits financiers au détriment de l’emploi, la défense des services publics comme la santé, l’éducation, la Poste, l’énergie, les transports, etc… Ne peuvent nous laisser indifférents.

            Je suis un déambulateur de manifestations, pour ne prendre que le dernier exemple, celui de la bataille pour le retrait de la loi travail, j’ai participé à 17 des 18 manifs et la dernière que j’ai ratée, c’est parce qu’une petite intervention chirurgicale m’a éloigné.

            Quelque part, j’ai fait mienne cette citation de Montesquieu que Louis Maisonnat aimait utiliser : Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ; il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux.

            Pour moi, participer aux différentes cérémonies d’hommage depuis le 4 septembre dernier, à l’occasion des 30 ans de sa disparition, c’est à la fois mêler l’homme de terrain au cœur des luttes des travailleurs, qui m’aura été d’une aide précieuse dans les luttes comme celle des Collignon, le visionnaire en matière de déplacements. Je salue la présence parmi nous de son fils Jacques.

            Les élus ayant accompli 40 années de mandat ne sont pas légion et les 2 que je connais dans l’Isère ont toujours siégé dans des équipes majoritaires, personnellement cette occasion ne m’a été donnée qu’à 2 reprises.

            28 ans d’opposition, ce n’est pas facile, je me permets de citer la conclusion que j’ai faite lors de la dernière installation du Conseil municipal, le 29 mars 2014 : « L'efficacité d'un élu se mesure à sa capacité à être source de propositions, c'est le rôle que je continuerai à avoir durant ce mandat. Ma boussole, c'est l'intérêt de notre population. La confrontation d'idées et d'opinions, est pour moi source de richesse, je revendique le droit à cette différence ! »

            Souvent dans les têtes, il y a l’idée qu’après tout lorsque l’on est élu, c’est pour arrondir ses fins de mois, profiter d’avantages. Comme la plupart des simples conseillers municipaux, je suis un bénévole de l’action politique qui paie non seulement de sa personne, mais à l’ère d’internet doit imprimer les documents de la vie municipale. Pendant mon mandat d’adjoint sous la municipalité d’Alain Chaplais, j’ai perçu des indemnités que pour l’essentiel, je reversai à mon parti, c’est notre règle. Vous n’entendrez jamais une affaire touchant un élu communiste respectant nos statuts.

            Ce dévouement à la cause publique a privé mon noyau familial de ma présence, je n’ai pas toujours pu participer à l’épanouissement de mes enfants. Une scène me revient en mémoire, interrompu dans ma lecture de l’Humanité, par l’une ou l’autre, je posai un doigt sur le passage de l’article, avant de répondre à la sollicitation. Ces 40 ans de mandat, c’est aussi ma famille que je veux mettre à l’honneur !

            Nos conquis, sans cesse remis en cause, nous les devons aux luttes menées hier ou aujourd’hui pour les générations suivantes.

            En guise de conclusion pour cette intervention et avant de partager le verre de l’amitié, je vous livre ces mots tirés du livre indignez-vous de Stéphane Hesssel : « Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne, comme j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun. »

            Je voudrai saluer Jean Paul Trovero, Maire de Fontaine et le remercier très fraternellement, avec Sophie Mazenot-Chappuy, ils sont nos candidats dans la 3ème circonscription.

            Saluer la présence de Khadra Gaillard, Conseillère départementale qui nous fait l'amitié d'être parmi nous;

            Saluer mon ami Lolo, Laurent Jadeau qui m'a succédé comme Secrétaire de Section, il a accompli cette responsabilité quelques mois de plus que mois, avec Myriam Martin, ils sont nos candidats dans la 4ème circonscription.

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            Publié par Barrionuevo - dans Sassenage - Objectifs
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