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Europe- Traité

A l’issue du vote en plénière au Parlement européen sur la révision de la décision sur le Système d’information des douanes*, Marie-Christine Vergiat, députée française du groupe GUE/NGL, membre de la commission des Libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, regrette qu’une majorité de députés européens ait voté un rapport qui ne garantit pas l’équilibre entre sécurité et respect des droits fondamentaux. Le groupe GUE/NGL s’est donc abstenu sur le vote final.

Le Parlement européen a été saisi en urgence de cette proposition, avant la mise œuvre du traité de Lisbonne le 1° décembre prochaine qui attribuera des pouvoirs de co-décision au Parlement européen dans les domaines des libertés, de la justice et des affaires intérieures. Marie-Christine VERGIAT a regretté à l’instar de la plupart des députés européens que la précipitation prenne le pas sur la volonté de garantir les libertés fondamentales.

La députée européenne a déploré l’attitude plus timorée que sur les rapports EUROPOL du Parlement européen sur ce texte qui permet l’interconnexion entre les fichiers des douanes, d’EUROPOL et d’EUROJUST. Elle regrette que le Parlement européen n’ait pas fixé une durée de rétention des données ou supprimer l’introduction de certaines données personnelles, par exemple des éléments relevant de l’identité physique des personnes.

"Au moment où, dans chacun de nos pays, les politiques sécuritaires portent chaque jour des atteintes plus graves à nos libertés fondamentales, nous regrettons que le Parlement européen ne joue pas pleinement son rôle de garant des libertés et des droits fondamentaux", a poursuivi Marie-Christine Vergiat.

Et de rappeler que "les principes de proportionnalité et de nécessité doivent toujours prévaloir quand on met en cause les droits et les libertés, c’est l’honneur de nos démocraties que de toujours protéger nos libertés et de n’y porter atteinte qu’en cas d’absolue nécessité."

* La présente initiative du gouvernement français vise à renforcer la coopération des administrations douanières avec EUROPOL et EUROJUST, la décision actuelle n’étant pas efficace selon les autorités françaises.

Pendant toute la campagne européenne, la majorité des partis politiques français ont promis une autre Europe en assurant qu'elle était possible dans le cadre de plateformes européennes.

Or, qu'a-t-on vu aujourd'hui ? L'élection triomphale de monsieur Barroso par 382 voix pour, 219 contre et 117 abstentions.

Les lois mathématiques sont là. Si l'ensemble des socialistes, des Verts et des «Libéraux » s'étaient jointes à celles de la GUE/NGL pour voter contre l'investiture de monsieur Barroso non seulement il n'aurait pas eu la majorité absolue mais il n'aurait pas été réélu et ne pourrait pas poursuivre sa politique.

Alors quoi que disent les socialistes et le MODEM en France, les faits sont là et ce sont des alliances objectives entre conservateurs, socialistes et libéraux qui empêchent toute alternance politique en Europe.

Avec nos collègues de la GUE/NGL, nous avons clairement voté contre monsieur Barroso car nous voulons vraiment que l'on donne une autre orientation aux politiques européennes. Nous disons qu'il est temps de mettre un frein à la casse des services publics et des acquis sociaux. Nous voulons une autre politique apte à répondre aux préoccupations des Européens et notamment de ceux et celles qui sont le plus durement touchés par la crise.

A la veille du vote irlandais sur le traité de Lisbonne, nous réaffirmons notre opposition à l'Europe ultralibérale de monsieur Barroso et notre volonté d'aider à la construction d'une alternative de gauche partout en Europe.

Non décidément "rien ne bouge au Parlement européen".

 

Marie-Christine Vergiat

Députée européenne

Dans son rapport présenté le 22 juillet 2009, la commissaire Européenne à l’agriculture, Mariann FISHER BOEL, campe sur les conclusions libérales du bilan de santé de la PAC acté fin 2008. Sourde aux revendications, sociales et économiques des éleveurs laitiers, elle est arrogante à l’égard du Parlement Européen, qui appelle à des mesures de gestion de crise.

Bien qu’anticipant une dégradation continue, du marché mondial du lait, la commissaire Européenne n’entend pas remettre en cause la disparition des quotas laitiers au 1er avril 2015, et ne discutera pas d’une augmentation des prix d’orientation sur les marchés.

Le dessein de la Commission, conduite par J-M BARROSO et de démanteler toute organisation de la production laitière, et de livrer les producteurs aux prix mondiaux où seul le marché fait loi.

L’effet d’annonce d’hypothétiques aides, ne prennent pas à bras le corps, la chute du litre de lait, divisé de moitié depuis 2007. Avec cynisme, le Ministre de l’Agriculture Français, B LE MAIRE, donne rendez vous le 1er octobre aux producteurs, souhaitant une contractualisation avec les entreprises. Aujourd’hui, les payes de lait à 245 €/1000 litres sont bien loin de 400 €/1000 litres, rémunérant décemment le travail.

L’objectif de nourrir la planète, oblige la naissance d’un nouvel ordre alimentaire. Comme toutes les régions du monde, l’Europe doit définir ses politiques publiques agricoles et alimentaires, répondant à l’exigence de souveraineté alimentaire.

Pour le PCF, l’agriculture, doit être extirpée de la logique de prix mondiaux, conduite par l’OMC.

L’Europe, doit se doter d’outils de gestion des volumes, et de répartitions par exploitation après 2015. L’instauration d’un prix minimum indicatif européen est urgent. L’Europe, doit légiférer sur la répartition de la plus value entre producteurs, industries agroalimentaires, et grande distribution, permettant l’accès des produits laitiers aux consommateurs.

La France, doit encadrer les marges de la grande distribution, par l’outil coefficient multiplicateur, fixé par décret. L’attribution des références laitières, doit favoriser les jeunes agriculteurs, les plus modestes. L’avenir de la filière laitière, dépend d’orientation en faveur de produits de qualités, de valorisation du savoir faire des territoires, et de création de valeurs ajoutées.

Le PCF, invite dans les luttes, lors des initiatives d’été, de la Fête de l’Humanité, celles et ceux, paysans, consommateurs, qui ont en commun le devenir, alimentaire et agricole, à faire front.

Xavier Compain, responsable national Agriculture, Pêche et Forêt du PCF

Paris, le 22 juillet 2009.


"Le Groupe GUE/NGL rejette complètement et est radicalement opposé à la position commune réactionnaire du Dimitris Papadimoulis lors du débat sur la révision de la Directive temps de Travail au Parlement européen ce soir. Conseil, qui est soutenue par la Commission," a déclaré le député grec du GUE/NGL

"Vous remontez la pendule de 90 ans," a déclaré le député Papadimoulis en s’adressant au Conseil et à la Commission, appelant la proposition "antisociale et anti-citoyens". La Commission et le Conseil devraient écouter les syndicats européens et l’association médicale européenne au lieu des employeurs "qui tirent les ficelles", a-t-il dit. "La lutte contre ce paquet antisocial continuera à la fois à l’intérieur et en dehors du Parlement européen," a-t-il averti.

Roberto Musacchio (GUE/NGL Italie) a décrit la position du Conseil comme "un coup" et a appelé une semaine de travail de 65 heures à la fois ridicule et inacceptable. "Le opt-out et les différentes dérogations vont maintenant être généralisées et rendues flexibles à l’extrême. Avec tant de travailleurs sans emploi, cela équivaut à de la provocation," a-t-il dit.

"Le Parlement européen devrait écouter les travailleurs qui exprimeront leur opposition à la directive lors de la manifestation qui aura lieu à Strasbourg ce mardi. Les députés devraient faire tout ce qui est en leur pouvoir pour maintenir la souveraineté de l’institution, "a-t-il conclu.

"Le but principal de cette proposition est de dévaluer le travail, d’augmenter la possibilité de réaliser davantage de bénéfices pour les employeurs et les groupes financiers par un temps de travail hebdomadaire moyen de 60 à 65 heures, de plus faibles salaires et l’introduction du concept du temps de travail inactif", a déclaré la députée Ilda Figueiredo (GUE/NGL, Portugal).

"La proposition remet en question tout qui a été réalisé sur la réconciliation du travail et de la vie familiale et c’est un pas en arrière d’environ cent ans dans la lutte chaudement disputée pour les droits des travailleurs. C’est pourquoi nous rejetons cette position honteuse par le Conseil européen."

"Quand il s’agit de l’organisation du temps de travail, ce que nous avons ici insulte les droits des travailleurs," a dit Giorgios Toussas (GUE/NGL, Grèce). "La notion du temps de travail actif et passif signifie que les personnes comme les médecins travailleront des heures inacceptables tandis que les dispositions de salaire restent ouvertes. Avec cette directive proposée, le Conseil, la Commission et les employeurs négligent les droits des travailleurs complètement," a conclu le député Toussas.

Attac appelle à construire une Europe sociale et démocratique

Les Attac d’Europe critiquent vivement la décision du Premier ministre irlandais d’appeler à un nouveau référendum sur le traité de Lisbonne, que les électeurs avaient rejeté en juin 2008. Brian Cowen en a fait l’annonce lors du Conseil européen du 11 décembre. Cette capitulation est le résultat d’une incessante pression antidémocratique des autres chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne, qui ne souhaitent évidemment respecter les décisions populaires que lorsqu’elles correspondent à leurs propres désirs.

Après le « non » du peuple irlandais, plusieurs gouvernants européens ont souhaité que l’Irlande quitte l’Union, tandis que d’autres insistaient pour la tenue d’un nouveau référendum. Nous disons aux uns et aux autres que le vote des citoyens irlandais doit être respecté. Toute autre solution serait une grave atteinte à la démocratie en Europe.

Au sein de l’Union européenne, les Irlandais ont été le seul peuple autorisé à se prononcer sur le traité de Lisbonne. Dans tous les autres États, le référendum a été systématiquement écarté par les gouvernements, et le traité a été adopté sans consulter les citoyens.

Un précédent traité avait déjà été rejeté par référendum il y a trois ans, en France et aux Pays-Bas. Or, pour plus de 90 %, l’actuel traité reprend à l’identique le contenu du projet de « Constitution européenne » auquel Français et Néerlandais s’étaient opposés.

Le « non » irlandais a fourni l’opportunité de corriger le long retard pris dans la construction d’une Europe démocratique, sociale et pacifique. C’est maintenant qu’il faut saisir cette chance.

La crise financière et économique que nous traversons montre clairement que continuer dans la voie suivie jusqu’ici signifie aller au désastre.

Dès le printemps 2007, les Attac de quinze pays de l’Union européenne, ainsi qu’Attac Suisse et Attac Norvège, ont publié leurs « Dix principes pour un traité européen démocratique ». Attac y appelle à un processus démocratique et transparent, au cours duquel serait défini un nouveau socle commun pour l’Union. Transparence, clarté, règles démocratiques et éléments de démocratie directe feraient, cela va de soi, partie de la réalité constitutionnelle de l’Union. Le traité de Lisbonne, pour sa part, est confié aux soins d’intérêts particuliers, en l’occurrence ceux du système économique néolibéral. Il faut stopper la destruction des garanties salariales et des minima sociaux, ainsi que celle des normes environnementales. La tendance doit être inversée. Les droits fondamentaux doivent être garantis.

Enfin, et ce n’est pas le moindre, l’Union européenne doit se consacrer à la paix, non à une nouvelle course aux armements.


Attac Allemagne, Autriche, Espagne, Flandre, France, Grèce, Pays-Bas, Pologne.

le 12 décembre 2008

Le Conseil des ministres de l’UE ne doit pas adopter la directive de la honte ! La directive retour - directive de la honte - votée par le parlement européen le 18 juin dernier, est soumise à l’adoption formelle du Conseil des ministres de l’Union le lundi 8 décembre 2008.

Alors que des milliers de citoyens, d’ONG, de syndicats, d’Eglises, se sont mobilisés pour demander aux responsables européens de rejeter un texte qui banalise et généralise une politique d’internement et d’expulsion des migrants en Europe, alors que de nombreux Etats d’Amérique latine et d’Afrique ont exprimé avec force leurs refus de tolérer de telles pratiques à l’égard de leurs ressortissants, la présidence française de l’Union européenne a décidé de faire adopter formellement cette directive par le Conseil de l’Union à la veille de la célébration du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Au-delà de la violence du contenu de cette directive qui renie les valeurs fondamentales de l’Europe et de la date choisie, la méthode utilisée pour cette adoption est méprisante. Alors que le projet relève du Conseil Justice et Affaires intérieures présidé par M. Hortefeux, la directive devrait être adoptée le 8 ou le 9 décembre au cours :

- soit du Conseil des ministres « environnement » présidé par M. Borloo. Etrange conception de l’écologie que d’y inclure l’expulsion des sans-papiers !

- soit du Conseil des ministres « transports » présidé par M. Bussereau. Démonstration de la volonté de développer les expulsions collectives par charters ?

- soit du Conseil des ministres « affaires générales » présidé par M. Kouchner. Les Etats partenaires de l’Union européenne, en Afrique comme en Amérique latine apprécieront.

Nos organisations appellent tous leurs partenaires, en Europe comme en Afrique ou en Amérique à se manifester d’urgence auprès de leur gouvernement comme auprès du président de l’Union européenne pour qu’ils ordonnent le report et l’abandon de ce projet de directive.

Le 4 décembre 2008

Organisation signataires :

Anafé, APDHA, Arci, ATMF, La Cimade, Gisti, IPAM, LDH-Belgique, Migreurop, Statewatch.

Par Francis WURTZ, Président du groupe GUE-NGL au Parlement européen.


A  propos du « Plan de relance » présenté par la Commission européenne, le 26 novembre : « Nous avons exclu tout plan de relance européen » : ainsi parlait Monsieur Jean-Claude Junker, Président de l’Eurogroupe, le 14 septembre dernier - ajoutant même avec une singulière désinvolture qu’après la mobilisation de 2000 milliards d’euros pour soutenir les banques, il n’y avait plus d’argent !


Cette position intenable vient de craquer, avec l’annonce, par la Commission européenne, d’un plan de relance de 200 milliards d’euros.


A la même époque, le ton était tout aussi comminatoire au sujet du Pacte de stabilité : tout le pacte, rien que le pacte !


Ce tabou-là vient également de sauter. Le principe de réalité s’est imposé aux gardiens des dogmes. Pendant deux ans, la règle abstraite des 3% sera, de fait, suspendue, même si les intégristes de l’exécutif communautaire s’en défendent et continuent d’exiger que, parallèlement au plan de relance, les « réformes » visant à « assainir » les finances publiques, se poursuivent.


Quant au sacro-saint régime des « aides d’Etat » - pilier de la politique de concurrence de la Commission - il vient, lui aussi, d’être assoupli. C’est là que réside la nouveauté du « Plan » de Bruxelles. Car, concernant le choix des mesures et leur mode de financement, la Commission européenne se contente, pour l’essentiel, de s’en remettre aux Etats-membres - qui, la plupart du temps, ne l’ont d’ailleurs pas attendu pour agir.


Aucune directive n’est donnée, ni même aucune recommandation n’est faite aux Etats de veiller à ce que l’argent mobilisé serve bien l’emploi et le pouvoir d’achat des Européens - ce qui supposerait l’institution d’un droit d’intervention des salariés dans le suivi concret de la mise en œuvre de ce plan.


Le seul instrument européen sollicité - en dehors de l’utilisation d’un reliquat budgétaire représentant nettement moins de 10% de l’enveloppe globale - est la Banque européenne d’investissements (BEI) qui devra mettre un peu plus tôt que prévu 15 milliards d’euros de crédits à la disposition des PME, sur deux années.


Cet aspect du plan méritera une attention particulière. Il existe, en effet, un précédent intéressant qui mériterait d’être renouvelé. En 1992-93, la BEI fut exceptionnellement autorisée à financer des baisses de taux d’intérêt permettant de soulager les PME du poids insupportable des charges financières liées au crédit - et ce en fonction du nombre d’emplois créés. Un contrôle accompagnait ce dispositif financier afin de s’assurer de la création effective de ces emplois. Le résultat fut concluant.


Tout plaide donc pour le renouvellement d’une telle démarche. Aucun effort ne doit être épargné face aux très graves dangers que la récession fait planer sur l’emploi. A commencer par les secteurs les plus touchés, comme l’automobile ou le bâtiment. Le dernier mot reviendra au Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement qui clôturera la présidence française de l’Union européenne, à la mi-décembre.


D’ici-là, le débat peut donc s’engager.


 
Le Conseil européen a décidé de reporter à décembre les décisions concernant la ratification du traité de Lisbonne, après le non irlandais. A l’évidence les dirigeants européens n’ont pas renoncé à faire adopter le traité, quitte à faire revoter les irlandais sur le même texte, sous réserve de quelques concessions. Pourtant ils butent sur l’impossibilité de le faire ouvertement.

Toute volonté de passer en force ne ferait qu’aggraver la crise politique qui s’approfondit en Europe. Après le non irlandais, le traité de Lisbonne est caduc. Plus que jamais tout appelle à respecter le vote des irlandais. Plus encore aujourd’hui avec l’extrême gravité de la crise et ses conséquences sociales, les dogmes fondateurs du traité sont ébranlés, voire obsolètes : le dogme de la « concurrence libre et non-faussée », la libre circulation des capitaux, l’opposition aux aides d’état, l’indépendance et les missions de la BCE.

La seule alternative réside dans la mise en chantier d’un nouveau traité, élaboré au plus près des attentes populaires, sociales et démocratiques, qui permette de relancer le projet européen en tirant toutes les leçons de la crise qui touche au cœur des politiques ultralibérales mises en œuvre dans et par l’UE .Que nos amis irlandais soient assurés de notre vigilance solidaire pour empêcher toute remise en cause de leur vote et pour que soit enfin entendue la voix des peuples.

Parti communiste français

Paris, le 16 octobre 2008

En dépit de l’essor économique mondial, la majeure partie de la population dans le monde entier ne voit pas d’amélioration de son niveau de vie.

Outre un chômage déclaré significatif, de nombreuses personnes sont sous-employées, ou ne perçoivent pas de rémunération pour le travail qu’elles ont réalisé. La moitié de la main-d’œuvre dans le monde gagne moins de 2 USD par jour. 12,3 millions d’hommes et de femmes travaillent dans des conditions d’esclavage. 200 millions d’enfants âgés de moins de 15 ans travaillent au lieu d’aller à l’école. 2,2 millions de personnes meurent chaque année d’accidents du travail et de maladies professionnelles. La population dans les pays développés et en développement travaille plus pour un salaire inférieur, et de plus en plus de personnes – principalement des femmes – sont contraintes de gagner leur vie dans la dénommée économie informelle, sans aucune protection sociale ni droits et en acceptant des emplois précaires. Entretemps, les entreprises recourent à la menace de sous-traitance en vue de réduire les salaires et de bafouer les droits âprement acquis, tels que le droit à la négociation collective et le droit de grève. Les syndicalistes qui luttent contre ces tendances sont licenciés, menacés, emprisonnés, voire assassinés.  

Seul un système international fondé sur la solidarité et le respect des droits des peuples, tels que garantis dans les conventions des Nations unies et de l’Organisation internationale du travail (OIT), peut mettre fin à ces tendances. Nous exhortons nos gouvernements à signer ces conventions, à les mettre en œuvre de toute urgence et à placer le travail décent au cœur de leurs politiques.  

En juillet 2006, les gouvernements au Conseil économique et social des Nations unies ont adopté une Déclaration ministérielle dont le premier article stipule que « Nous sommes convaincus de la nécessité urgente de créer un environnement aux niveaux national et international qui soit propice à la réalisation du plein emploi productif et d’un travail décent pour tous en tant que fondement d’un développement durable ». Leur appel doit être conjugué à la ratification et à la mise en œuvre des normes de l’OIT, pendant que les agences internationales utilisent les nouveaux Outils de l’ONU pour l’intégration de l’emploi et du travail décent comme premier pas vers la promotion d’une plus grande cohérence et convergence des politiques en vue d’honorer l’engagement d’un travail décent pour tous.

Le temps est venu de commencer à honorer ces engagements.

Nous considérons que le travail décent occupe une place centrale pour éradiquer la pauvreté, améliorer la vie des femmes et des hommes et permettre aux personnes de vivre en paix et en dignité. Par conséquent, nous appelons de toute urgence les responsables politiques à:  

1. Travail décent: réaffirmer la contribution d’emplois stables et de qualité à une économie saine et à des communautés justes et équitables en mettant en œuvre des stratégies globales en faveur du plein emploi productif, notamment pour ceux qui travaillent actuellement dans la dénommée économie informelle et qui ont besoin de bénéficier de droits et de la justice pour défendre leurs intérêts. Toute personne a le droit de travailler et a droit à de bonnes conditions de travail et à des revenus suffisants pour pourvoir à ses besoins économiques, sociaux et familiaux, un droit qui devrait être renforcé moyennant des salaires minima adéquats.  

2. Droits: les droits des travailleurs à constituer des syndicats, à y adhérer et à négocier collectivement avec leur employeur sont fondamentaux pour garantir le travail décent et toutes les organisations internationales, les gouvernements et entreprises doivent assumer leurs responsabilités en respectant les droits humains des travailleurs.  

3. Protection sociale: renforcer et élargir la couverture de la protection sociale en garantissant l’accès à la sécurité sociale, aux pensions, aux indemnités de chômage, à la protection de la maternité et à des soins de santé de qualité pour tous. Toute personne, y compris les travailleurs dans la dénommée économie informelle, devrait bénéficier de ces avantages.  

4. Commerce: changer les normes commerciales injustes et veiller à ce que les accords commerciaux soient utilisés comme instrument en faveur du travail décent, du développement durable et de la responsabilisation des travailleurs, des femmes, des chômeurs et des pauvres dans le monde entier. Des mécanismes contraignants pour la promotion et la mise en œuvre du travail décent, notamment les normes fondamentales du travail, doivent être intégrés dans des accords commerciaux. Les gouvernements doivent cesser de conclure des accords commerciaux qui portent atteinte aux pauvres, créent du chômage et débouchent sur l’exploitation. Les revendications des organisations des travailleurs et du reste de la société civile doivent être écoutées.  

5. Dette: veiller à ce que les priorités des institutions financières internationales intègrent les préoccupations sociales et environnementales. Plus particulièrement, il convient de mettre un terme aux conditions liées aux prêts et à la dette qui forcent les pays à déréglementer les marchés du travail, à réduire les dépenses publiques et à privatiser les services publics au détriment de l’accès et de la qualité. Tous les projets financés par ces institutions doivent être conformes aux normes fondamentales du travail dans le cadre de leur mise en œuvre.  

6. Aide: veiller à ce que les gouvernements respectent leur engagement d’augmenter le niveau d’aide publique au développement des pays riches à au moins 0,7% du PIB. Un financement adéquat du développement s’avère essentiel si nous voulons atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement des Nations unies.  

7. Migration: veiller à ce que les travailleurs migrants ne soient pas victimes d’exploitation et jouissent des mêmes droits que d’autres travailleurs en ratifiant les conventions pertinentes de l’OIT et la Convention internationale de l’ONU sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille (1990).


A Grenoble manifestation unitaire le 7 Octobre à 14H, Place de la Gare  




Le 14 février 2006, Marie-George Buffet était venue soutenir les salariés polonais de la centrale EDF de Porcheville (Yvelines) qui luttait avec la Cgt, pour la reconnaissance de leur droit sociaux.

Deux jours plus tard, les députés PSE et PPE du Parlement Européen avaient votés en première lecture la directive Bolkestein.

Le Conseil de Prud’hommes de Mantes-La-Jolie a rendu, le 17 juillet dernier, un jugement au sujet de la situation d’un salarié polonais employé à la centrale Termique de Procheville. Zbigniew Saganski, un salariés polonais avait introduit un recours sur lequel, le Conseil de Prud’hommes de Mantes la jolie a rendu un jugement extrêmement important. En premier lieu, il donne droit aux demandes de rattrapage de salaires, congés payés, heures supplémentaires et de repos compensateurs à hauteur de plus de 4500 euros. De plus, il reconnaît que l’entreprise a sanctionné le salarié par un rappatriement brutal en raison de son activité syndicale et condamne l’entreprise à 3000 euros de dommages et intérêts.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF, se félicite de ce jugement qui reconnaît qu’un salarié, employé par une entreprise française, dépend de la législation française, tant pour ses droits sociaux que son activité syndicale. Dans un moment où la France préside l’Union européenne, cette victoire fait inévitablement écho à la mobilisation syndicale européenne contre le dumping social entre les pays membres de l’Union européenne.

Parti communiste français

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