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Politique

Une odieuse machination est à l’œuvre, 
mise en scène par le ministre des basses œuvres. 
Éric Besson, ce transfuge du PS prêt à tout pour témoigner à son nouveau maître son zèle de néoconverti, est chargé de lancer un « débat » sur « l’identité nationale ». En montrant du doigt l’immigration.

Les Français ne penseraient qu’à çà !

L’ « identité nationale » serait-elle devenue le sujet le plus grave, 
la préoccupation la plus prégnante des Français  ? Le chômage qui 
n’en finit pas d’étendre ses ravages, bagatelle  ! La protection sociale plombée par les hausses du forfait hospitalier, les médicaments déremboursés, balivernes  ! L’école mise à mal par les 16 000 suppressions d’enseignants, broutille  ! L’insolente richesse des tenants du bouclier fiscal voisinant avec la pauvreté de salariés déclassés et précarisés, le mal de vivre qui conduit au suicide chez France Télécom ou chez PSA, foutaises… Le soir en famille, le samedi entre amis, les Français n’auraient qu’un seul sujet en tête  : « l’identité ».

 Un rappel des périodes sombres

Quelques jours après que furent renvoyés vers une possible mort trois Afghans qui voulaient échapper à la violence des talibans, après qu’une lycéenne ait été raflée, cartable sur le dos et expédiée à Brazzaville, on nous annonce des causeries et un colloque, rien que cela  ! Et peut-être pourrait-on suggérer à M. Besson d’organiser une exposition où l’on expliquerait comment distinguer un individu porteur de l’identité française et celui qu’on doit dénoncer pour le prochain charter ? La France a connu de sombres périodes, au cours desquelles ce qui paraît inimaginable peut devenir abjecte réalité.

 Détourner l’attention

En agitant le spectre d’une « identité nationale menacée », le gouvernement espère détourner l’attention des résultats de sa politique, jugée majoritariement négative. Et faisant d’une pierre deux mauvais coups, il drague à nouveau dans la boue du Front national. Marine Le Pen avait lancé une campagne nauséabonde à partir d’un livre de Frédéric Mitterrand. Sarkozy reprend l’offensive sur le thème bien connu des immigrés qui poseraient problème à l’identité de la France. Cette notion « d’identité nationale » va à l’encontre de la nation forgée par la Révolution française, elle est inacceptable pour quiconque est attaché aux valeurs républicaines. À la vision ouverte et progressiste de la nation, héritage de la Révolution, « l’identité nationale » de Nicolas Sarkozy oppose une conception étroite et conservatrice, inégalitaire, avec ses fantasmes d’ancienne puissance coloniale, vision du monde selon laquelle l’étranger, le jeune, l’ouvrier constituent potentiellement une classe dangereuse.

 Les démons de la haine

Décidément, rien, aucun scrupule de moralité politique ne retient l’imagination débordante des stratèges de l’Élysée, au risque de réveiller les démons de la haine. Au nom des mêmes ressorts de pensée d’une France agressée de l’intérieur, on a connu l’affaire Dreyfus à la fin du XIXe siècle, et pire encore au XXe. Refuser d’entrer dans ce « débat » miné, faire prévaloir la lutte des classes sur l’impasse de la haine des « races ». Telle doit être la meilleure réplique au piège de M. Besson.


La ficelle est grosse

La droite est partie dans une campagne proprement frénétique sur le thème de « l’identité nationale ».

Dans Le Figaro de vendredi 30 octobre, cette question est l¹objet d¹un traitement en « Une », d¹un long papier de Max Gallo en page 14 (une demi page), d¹un édito page 15 du directeur adjoint de la rédaction et du bloc-notes, encore une demi page, d¹Ivan Rioufol.

Ce dernier donne les clés de cette fièvre nationaliste, relancée il y a un mois, alors même que cette droite prenait la mesure des difficultés rencontrées à déployer sa politique libérale, et qui devrait mobiliser tous les moyens propagandistes de l¹Etat jusqu¹au printemps prochain, avec la tenue d¹un « grand colloque de synthèse ». Rioufol reconnaît que la prose « nationale » fonctionne comme un leurre : voilà enfin « un débat passionnant, au coeur des préoccupations existentielles des gens, bien davantage que le pouvoir d¹achat. » Il désigne l¹ennemi : la gauche et plus particulièrement le PCF montré du doigt avec son « oppressant antiracisme », « son idéologie aveugle du mélangisme, indifférente à l¹âme des peuples européens » . Il appelle à battre en brèche les notions de « diversité », de « métissage », de « non discrimination ». Et il espère que ce tintamarre permettra, en bout de course, de remettre en cause « le droit du sol ».

En même temps, lucide, le bonhomme soupire : attention, toutefois, à ce que cette agitation n’apparaisse pas comme une « grosse ficelle électorale» à la veille des régionales. On ne saurait mieux dire.

 

La semaine dernière, Jean Pierre RAFFARIN, prenant la suite d’Alain JUPPE et d’autres personnalités éminentes de l’UMP, annonçait qu’il lui était impossible de « voter en l’état la réforme de la taxe professionnelle » .

Mais, après la tribune publiée par le Journal du Dimanche et cosignée par un certain nombre de sénateurs de la majorité, les violons semblent bien avoir été accordés pour jouer ensemble. Car la controverse ne doit pas masquer l’essentiel : les élus de l’UMP, comme Nicolas SARKOZY, comme le Gouvernement dans son ensemble sont d’accord sur le fond.

D’accord pour supprimer la taxe professionnelle ! D’accord pour répondre encore une fois, une fois de plus, aux exigences du MEDEF qui réclame depuis plus de trente ans la disparition de la taxe professionnelle !

Ils sont d’accord pour tout cela, alors même que rien n’a prouvé, depuis toutes les réformes de la taxe professionnelle qui ont été mises en œuvre, la moindre efficacité aux allégements et exonérations d’ores et déjà pratiqués. Et, sans le dire trop fort, ils sont évidemment d’accord pour que les collectivités locales, plutôt que de percevoir la taxe professionnelle, mettent encore plus à contribution les ménages au travers des autres impositions locales (taxe d’habitation, taxes foncières et autres).

Ils sont d’ailleurs d’autant plus disposés à le faire que le Gouvernement a, d’ores et déjà, lancé la campagne destinée à faire avaler aux habitants de ce pays la hausse sensible des valeurs locatives en 2010 – 2011 ! C’est donc sans effets sur l’emploi et l’investissement des entreprises que la droite, en accord avec le Gouvernement, s’apprête à liquider la taxe professionnelle.

Les Sénateurs du groupe CRC SPG sont, pour leur part, partisans d’une véritable réforme de la taxe professionnelle, mettant notamment à contribution les sociétés bancaires, financières, les groupes de la grande distribution, aujourd’hui largement exonérés, et établissant le lien entre entreprise et territoire, par la participation citoyenne des activités économiques au développement local.

Ce n’est donc pas de cette « suppression » de la taxe professionnelle dont nous avons besoin.

La négociation engagée au sein de l'ONU s'achèvera en décembre à Copenhague et doit déboucher sur des engagements contraignants pour une réduction des gaz à effets de serre. Le texte adopté remplacera le protocole de Kyoto aux résultats décevants et non ratifié par les Etats-Unis.

Comment penser la vie des hommes et des femmes sur une planète dont les ressources naturelles sont devenues si rares qu'il faut que les populations se battent pour y accéder? Pour le PCF, justice sociale et environnementale ont partie liée. Une délégation du PCF participera à la conférence de Copenhague.

Les effets dévastateurs du réchauffement

Selon le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le réchauffement pourrait atteindre jusqu'à 4° à la fin du siècle. Les principaux pays pollueurs doivent impérativement réduire leurs émissions de 25 à 40% d'ici 2020 pour contenir le réchauffement à moins de 2° en moyenne. Et, donc, ralentir ses effets négatifs : désertification, famine, épidémies, inondations, migrations de populations...

Le Forum Humanitaire Mondial chiffre l'impact du réchauffement à 300 000 décès par an et selon l'Observatoire International pour les Migrations le nombre de « migrants environnementaux » atteindra 200 millions d'ici à 2050.

Les défis de Copenhague 

Pour 2050, il faut diviser par 4 les émissions des pays industrialisés et par 2 celles de l'ensemble du monde. Bien que désireux de limiter le réchauffement climatique à 2°, Etats-Unis et Japon proposent des objectifs pour 2020 bien insuffisants. L’Union européenne est un peu plus ambitieuse mais ne s’engagera pas sans l’appui des principaux pays pollueurs. Les pays en développement invitent les pays industrialisés à montrer l'exemple.

 

Cette situation d’urgence amène les pays émergents et en développement à insister sur la responsabilité des pays industrialisés. L'opinion publique et le mouvement social doivent eux aussi prendre en compte ces enjeux environnementaux pour exiger de la part de chaque État des engagements en matière de réduction des gaz à effets de serre.

 

Le PCF exige à ce sujet de la France et de l'Union européenne des propositions précises et chiffrées.

Que proposent les communistes ?

 

Il faut remettre en cause le capitalisme qui impose des fonctionnements économiques néfastes pour l’environnement. Les communistes souhaitent que les ressources naturelles soient considérées comme biens communs de l’humanité et non comme marchandises et sources de profits.

 

L’urgence est au développement de toutes les énergies non productrices de gaz à effets de serre. Pour autant, le droit à l’énergie doit être garanti à tous. A court moyen terme le nucléaire est incontournable. Le PCF se prononce pour un vaste plan de développement des énergies renouvelables. La recherche fondamentale et appliquée doit prendre prendre un nouvel essor car ces sources d'énergies sont complémentaires. La production d'électricité doit être développée et organisée dans le secteur public qui assurera une véritable sureté et transparence avec de nouveaux droits de regards et d'intervention des salariés, des citoyens et des élus. Cela s'accompagne de moyens pour l’émergence d'une 4ème génération de centrales nucléaires, plus sures, plus économes et moins productrices de déchets.

 

Il est impératif de stopper les directives européennes de libéralisation qui visent à soumettre l’énergie aux exigences des marchés financiers. Une mobilisation financière conséquente est indispensable pour développer les transports en commun de service public et les transports propres (rail, fluvial), l’isolation des bâtiments, la voiture de l’après pétrole… Le PCF refuse tout nouvel impôt qui, telle la taxe carbone, viserait de façon injuste, inefficace et inégalitaire les ménages. Il suffirait d’imposer les super-profits des groupes pétroliers comme Total, la spéculation financière et de réduire les dépenses nucléaires militaires.

 

A l’échelle du monde, un nouveau mode économique et financier est nécessaire pour accompagner les pays les plus pauvres dans une démarche de coopération et de développement. A cette fin, les communistes proposent la création d’une Agence Mondiale de l’Environnement qui rendrait cohérent le développement durable de la planète en matière sociale et environnementale.

 

Il y a urgence à ce que chacune et chacun s’empare de ces enjeux. Les communistes sont disponibles pour ouvrir des espaces publics de débat, de confrontation, de rassemblement et de luttes, dans le respect des opinions des uns de des autres.


Le capitalisme n’est pas écolo-compatible

                                                                                                                                                                                                                                            

Le capitalisme recherche le profit financier maximum dans un temps minimum. D’où une logique de prédation des ressources naturelles comme du travail des salariés, au coût le plus faible. Ainsi, inégalités sociales et environnementales vont de pair.                           
La mondialisation libérale, qui produit là où les salaires sont les plus bas est à ce titre exemplaire. Elle a fait exploser le trafic routier, maritime ou aérien, avec les impacts sur l’environnement que l’on sait.                                         
Repeindre en vert le capitalisme n’est pas suffisant. Il faut mettre en place un mode de développement qui soit à la fois durable, soutenable et renouvelable sur le plan écologique, générateur de progrès social et d’émancipation humaine, démocratique et citoyen. Il faut dépasser l'actuel système productiviste capitaliste

Les députés ont adopté le 3 novembre en première lecture le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 qui est marqué par un déficit prévisionnel record de 30,6 milliards d’euros. Le PFLSS, que le Sénat examinera à partir du 9 novembre, a été voté par 316 voix contre 218.

Pour Roland Muzeau, "le gouvernement a fait le choix de l’imprévoyance, de l’inefficacité et de l’injustice".


L’explication de vote du groupe GDR :

"ce budget d’ambition modeste, disiez-vous, se caractérise en réalité par un record : le déficit annoncé atteint 31,5 milliards d’euros. Face à cette situation inédite, loin de choisir la responsabilité, le Gouvernement fait une fois de plus preuve d’imprévoyance, d’inefficacité et d’injustice.

À vous entendre, le déficit de la sécurité sociale serait avant tout conjoncturel, amplifié par la crise, et devrait donc être rapidement résorbé par le retour miraculeux de la croissance en 2011. Si vos hypothèses d’évolution moyenne pour 2010 sont plus réalistes que l’année dernière, vous vous hasardez déjà à envisager pour 2011 une croissance atteignant 2,5 % du PIB et 5 % de la masse salariale, chiffre jamais atteint depuis vingt ans. Cet optimisme irréaliste nous indigne d’autant plus qu’il vous permet de justifier une politique attentiste de la terre brûlée en matière de protection sociale.

Plus grave, votre texte ne comporte aucune réforme de structure. C’est le PLFSS de tous les renoncements. Vous renoncez tout d’abord à trouver de nouvelles recettes, ce qui hypothèque l’avenir de notre système solidaire de protection sociale. L’exemple des exonérations de cotisations sociales patronales accordées par l’État est à cet égard emblématique : elles représentent 31,5 milliards, dont 3 milliards à la seule charge de la Sécurité sociale en 2010 ! Vous n’avez pas jugé bon de retenir la proposition des députés GDR tendant à abaisser le seuil d’exonération de 1,6 à 1,3 SMIC et à en limiter le bénéfice aux entreprises de moins de vingt salariés, mesure qui, selon les calculs de la Cour des comptes, rapporterait sept milliards d’euros.

Vous renoncez ensuite à faire participer l’ensemble des revenus au financement de la protection sociale. Ce choix politique est scandaleux : les plus fortunés de notre pays, protégés par le bouclier fiscal, ne contribuent pas à hauteur de leurs revenus au remboursement de la dette sociale, donc à l’effort demandé à tous les Français au nom de la solidarité nationale.

Vous renoncez également à taxer de manière dissuasive les cigarettiers, comme à mettre à contribution les industries pharmaceutiques à la mesure de leur part de responsabilité dans l’accroissement des déficits. Vous renoncez en outre à encadrer véritablement les retraites chapeau ; à supprimer la niche sociale des restaurateurs ; à encadrer les dépassements d’honoraires des médecins en secteur 2 ; à revaloriser les aides familiales au moment même où les ménages subissent de plein fouet la crise économique.

En revanche, vous persistez dans la voie des déremboursements ; vous augmentez le forfait hospitalier, qu’une forte proportion de patients très modestes ne pourra payer ; vous imposez la fiscalisation des indemnités journalières des salariés victimes d’accidents du travail annoncée par M. Copé. De plus, vous avez remis en cause la majoration de durée d’assurance accordée aux femmes pour le calcul de leur retraite. Rappelons que les pensions de retraite des femmes sont en moyenne inférieures de 38 % à celles des hommes, en raison des discriminations multiples et intolérables dont elles sont victimes sur le marché du travail, en termes de traitement salarial comme de déroulement de carrière. Enfin, vous persistez dans votre politique de déréglementation de l’accueil des enfants par les assistantes maternelles.

Nous ne pouvons que fustiger la pauvreté des dispositions du volet AT-MP de ce PLFSS : le Gouvernement se refuse manifestement à promouvoir la santé au travail, à améliorer l’indemnisation des victimes ou à responsabiliser les chefs d’entreprise. Bien au contraire, il contribue à entretenir l’irresponsabilité des employeurs en matière de prévention des risques au travail.

Peu vous importe qu’au fil des ans s’installe une inégalité d’accès aux soins de plus en plus marquée, assortie d’une dette sociale dont le remboursement des intérêts coûte chaque année plus de sept milliards d’euros de prélèvements sociaux et fiscaux. En réalité, vous avez décidé de remettre en cause notre système solidaire de protection sociale, hérité du programme du Conseil national de la Résistance, et qui permet à chacun, quelles que soient ses ressources et la gravité de son état, de bénéficier de soins de qualité.

Aux antipodes de cette politique, les députés du groupe GDR, communistes, verts, ultramarins et membres du Parti de gauche, considèrent que la bonne santé d’une population constitue, comme son éducation, un atout pour le présent et un investissement pour l’avenir. Les dépenses de santé ne sont pas un boulet, mais une source de richesse humaine et économique.

Face au démantèlement méticuleux et délibéré d’un système auquel nous sommes très attachés, comme l’immense majorité de nos concitoyens, nous voterons donc contre ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)"
Motion présentée par MM et Mmes BEL Jean-Pierre, BORVO COHEN-SEAT Nicole, COLLIN Yvon, , TESTON Michel, DANGLOT Jean-Claude, ALQUIER Jacqueline, ANDRE Michèle, ANGELS Bernard, ASSASSI Eliane, AUTAIN François, ASSOULINE David, BAYLET Jean-Michel, BEAUFILS Marie-France, BERIT-DEBAT Claude, BERTHOU Jacques, BILLOUT Michel, BLANDIN Marie-Christine, BLONDIN Maryvonne, BODIN Yannick, BONNEFOY Nicole, BOTREL Yannick, BOURQUIN Martial, BOURZAI Bernadette, BOUTANT Michel, BRICQ Nicole, CARTRON Françoise, CAZEAU Bernard, CHARASSE Michel, CHEVENEMENT Jean-Pierre, COLLOMBAT Pierre-Yves, DAVID Annie, DAUDIGNY Yves, DAUNIS Marc, DEMERLIAT Jean-Pierre, DEMESSINE Michèle, DESESSARD Jean, DIDIER Evelyne, DOMEIZEL Claude, DURRIEU Josette, ESCOFFIER Anne-Marie, FICHET Jean-Luc, FISCHER Guy, FORTASSIN François, FRECON Jean-Claude, FRIMAT Bernard, GAUTIER Charles, GHALI Samia, GODEFROY Jean-Pierre, GONTHIER-MAURIN Brigitte, GUILLAUME Didier, HAUT Claude, HERVE Edmond, HERVIAUX Odette, HUE Robert, JARRAUD-VERGNOLLE Annie, KHIARI Bariza, KRATTINGER Yves, LAGAUCHE Serge, LE CAM Gérard, LE MENN Jacky, LE TEXIER Raymonde, LEPAGE Claudine, , LOZACH Jean-Jacques, MARC François, MASSION Marc, MATHON Josiane, MEZARD Jacques, MILHAU Jean, MIQUEL Gérard, MIRASSOU Jean-Jacques, NICOUX Renée, PASQUET Isabelle, PASTOR Jean-Marc, PATIENT Georges, PATRIAT François, PRINTZ Gisèle, RAINAUD Marcel, RALITE Jacques, RAOUL Daniel, REBSAMEN François, RENARD Yvan, SERGENT Michel, SCHURCH Mireille, SUTOUR Simon, TASCA Catherine, TERRADE Odette, TEULADE René, TROPEANO Robert, VERA Bernard, VOGUET Jean-François, YUNG Richard.

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

La Poste constitue le plus ancien de nos services publics. Depuis la création des premiers relais-postes en 1477 sous le règne de Louis XI, l’administration postale a traversé les siècles en s’adaptant constamment, en augmentant son périmètre d’action, jusqu’à devenir aujourd’hui emblématique de notre République.

Avec son maillage unique réparti sur tout le pays, elle est un point de repère essentiel, dans nos communes pour l’ensemble de nos concitoyens - toutes générations confondues- nos administrations, nos entreprises. La Poste fait partie intégrante de nos territoires et contribue à en corriger certaines inégalités. Elle est le symbole du service public de proximité, garant des valeurs d’égalité, d’adaptabilité, de continuité, notamment territoriale.

La Poste est une pièce maîtresse de la cohésion sociale de notre nation. Elle est tout d’abord le 1er employeur public après l’Etat. L’Etablissement public, maître d’œuvre de l’accessibilité bancaire, est aussi un rempart précieux contre la précarité et les inégalités économiques et sociales. Enfin, ses postiers ont su, dans nos campagnes et nos quartiers, maintenir un lien social et une solidarité indispensables aux plus démunis comme aux plus isolés.

Le gouvernement a déposé le 29 juillet 2009 un projet de loi relatif à l’entreprise publique La Poste et aux activités postales, dont le premier article vise à transformer la Poste en société anonyme. Ce projet de transformation en société anonyme, parce qu’il ouvre la voie à une privatisation future de la Poste, parce qu’il met en difficulté un service public essentiel, nous semble remettre en cause à terme notre Constitution et en particulier, le 9ème alinéa du préambule de la Constitution de 1946 qui dispose que : « Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert, les qualités d’un service public national ou d’un monopole de fait doit devenir la propriété de la collectivité »

Une telle menace est tout à fait réelle. Elle a été prise très au sérieux par un grand nombre de nos concitoyens. En réponse à ce projet de loi, une consultation citoyenne de très grande ampleur s’est déroulée du 27 septembre au 5 octobre 2009. Elle a réuni 2,3 millions de votants invités à se prononcer pour ou contre le changement de statut.

A l’issue de cette consultation, une très grande majorité de ces votants se sont prononcés pour le maintien actuel du statut de la Poste. Cette mobilisation citoyenne a illustré l’attachement viscéral de nos concitoyens aux services publics et à la Poste en particulier. Dans ce contexte, il nous paraît indispensable que cet attachement constaté de toutes parts se concrétise par la voie référendaire. Nos concitoyens ne comprendraient pas qu’ils puissent être exclus d’un processus de décision qui concerne aussi intrinsèquement leur vie quotidienne et leur avenir.

Suite à la loi constitutionnelle du loi du 4 août 1995, l’article 11 de la Constitution prévoit que le Président de la République puisse soumettre à référendum, sur proposition du Gouvernement ou sur proposition conjointe des deux assemblées, tout projet de loi portant sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation, et aux services publics qui y concourent.

Les auteurs de la motion proposent donc au Sénat d’adopter la proposition de soumission au référendum du projet de loi relatif au changement de statut de la Poste.

Article unique
En application de l’article 11 de la Constitution, le Sénat propose au Président de la République de soumettre au référendum le projet de loi, enregistré à la Présidence du Sénat le 29 juillet 2009, relative à l’Entreprise publique La Poste et aux activités postales .

Taxer ou réorienter Souvent, le mouvement progressiste, confronté à un problème, a le sentiment de pouvoir le régler grâce à une taxe.

La démarche a souvent son utilité. Il serait ainsi fort efficace pour la Sécurité sociale de mettre les revenus financiers à contri­bution dans la même proportion que les salaires.

Il est une taxe qui ne manque pas d’inté­rêt, qui revient sur le devant de la scène, mais portée par des acteurs inattendus, c’est la taxe Tobin. L’idée de James Tobin, prix Nobel d’économie en 1981, de taxer les opérations de change afin de dis­suader la spéculation, a connu un certain engouement. Aujourd’hui, on se presse au guichet. Le dernier G20 a demandé au FMI de préparer un rapport afin de l’infor­mer « des différents choix nationaux » envisagés quant « à la façon dont le sec­teur financier pourrait apporter une contri­bution juste et importante » au rétablisse­ment du secteur bancaire.

En Allemagne, la CDU et le SPD se sont disputé la palme du plus chaud partisan de la taxe Tobin. Au Royaume-Uni, le prési­dent de la Financial Services Authority, l’organisme superviseur des banques bri­tanniques, Adair Turner, s’est aussi pro­noncé en ce sens. Le Premier ministre, George Brown, a affirmé qu’une telle taxe « vaut le coup d’être examinée. ». Même le président de la Commission euro­péenne, l’ultralibéral José Manuel Barroso, a trouvé que « ce serait une excellente idée ». Il y a là de quoi perdre son latin. Sauf à considérer que tout ce beau monde nous la chante d’autant plus volontiers qu’il sait que l’on n’en est pas encore à écrire la partition.

Notre ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, lui, la joue d’ailleurs moderato, il explique que cette taxe ne devrait être que de 0,005 %, rapportant seulement à l’échelle de la planète quel­que 20 milliards d’euros. Tobin proposait, lui, qu’elle soit de 0,1 %, voire de 0,25 %.

Cette instrumentalisation de la taxe Tobin devrait nous inciter à réfléchir aux limites mêmes des taxes. N’a-t-on pas trop ten­dance à croire qu’en mettant un barrage en aval des opérations financières, on va pou­voir les limiter ? En fait, on s’en prend aux marges du système au lieu de l’atta­quer en son cœur. Il est plus efficace de réorienter en amont les flux de l’argent que de seulement les contrôler et les taxer.

Comment s’y prendre ? En instaurant un principe de sélectivité, en faisant le tri à la source, par exemple en orientant l’argent des banques vers des financements d’in­vestissements créateurs d’emplois, en imposant d’autres critères d’utilisation des ressources des entreprises, en supprimant les exonérations visant à baisser le coût du travail et en utilisant l’argent ainsi écono­misé de façon à ce qu’il aide à réduire les coûts en capital et les prélèvements financiers.

Évidemment, c’est plus compliqué parce que cela suppose de donner des pouvoirs nouveaux aux salariés. Sans eux, point de salut, leur concours est indispensable pour réorienter les flux de l’argent

A l’occasion de la rencontre du 28 octobre 2009, entre le Parti de gauche, la gauche unitaire, le PCF, le NPA et d’autres formations de gauche, vous trouverez ci-dessous, une déclaration du Front de Gauche.

Nous voulons mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces et plus globalement de toutes les citoyennes et les citoyens et les acteurs du mouvement social qui aspirent à rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes. Nous leur disons que le Front de Gauche peut être leur outil. Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n’étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces objectifs.

Dans ce but, nous nous adressons aux organisations présentes dans ce groupe de travail pour conclure un accord national.

Nous avons déjà des acquis. Nous avons dressé un certain nombre de considérants qui nous ont permis de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d’aller ensemble aux régionales.

La plupart des mouvements réunis ici ont fait des déclarations et des offres politiques. Nous pensons que le moment est venu de nous prononcer sur des propositions très concrètes à même de constituer les bases de cet accord national :

- La constitution de listes au premier tour différentes de celles présentées par le PS et Europe écologie.

- Ces listes répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui. En particulier autour des mesures que nous pourrions porter ensemble. Elles s’engageront à défendre ce programme dans les futurs conseils régionaux. Elles affirmeront leur volonté de le mettre en œuvre à la tête des régions, partout où nous nous jugerons en situation de le faire. Il doit s’agir d’une politique de rupture cohérente, applicable dans le champ de compétences des régions, changeant réellement la vie des citoyens en donnant la priorité aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques contres les logiques capitalistes, libérales et productivistes.

- Nos listes s’engageront, sans ambiguïté, à faire barrage à la droite en se rassemblant avec les autres listes de gauche au 2ème tour à l’exclusion de tout accord avec le Modem. La liste arrivée en tête au 1er tour fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique proportionnellement au 1er tour. Nous demanderons le même engagement au PS et à Europe Ecologie.

Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s’agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite.

Paris, le 28 octobre 2009.

Les élections régionales de mars 2010 se dérouleront à mi-chemin du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Elles seront aussi la dernière élection avant 2012 pour s’exprimer sur la politique conduite dans le pays.

Le conseil national du Parti communiste français a fait une offre politique le 25 octobre 2009 pour changer la donne dans le pays.

Chômage, inégalités et pauvreté, remise en cause des droits des femmes, détresse au travail, atteintes aux libertés, mal vie dans les quartiers, crise agricole et alimentaire, alertes écologiques… tous les clignotants sont au rouge mais le gouvernement est sourd aux revendications des citoyens, des salariés.

Loin de combattre la crise, la politique de Nicolas Sarkozy et de sa majorité UMP se révèle être une politique injuste et égoïste au service de la seule classe dominante, des privilèges de l’argent et des logiques de rentabilité. C’est le peuple qui paie la crise, alors que la spéculation et la bourse se relancent comme avant. Et la droite veut faire des régions des relais de cette politique !

A gauche, entre volonté d’« alliances au centre », de « primaires », instrumentalisation de l’écologie, arrangements avec les idées libérales qui ont failli et repli sectaire... les fausses pistes ne manquent pas pour aller à l’échec dans les régions comme dans le pays.

Il n’est pas possible d’en rester là ! C’est une exigence pour changer nos vies.

 Trois enjeux :

1. Soit les régions deviennent des relais de la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy ou accompagnent cette politique sans réellement la combattre. Soit elles deviennent des pôles de résistance à cette politique, de luttes et de propositions pour promouvoir d’autres logiques. Nous voulons des projets régionaux porteurs notamment de la défense et la promotion des services publics, de luttes contre les discriminations et pour l’égalité, d’un changement des critères d’utilisation de l’argent, de la relance de politiques industrielles, agricoles et urbaines pour un développement socialement solidaire et écologiquement durable, de nouveaux droits et pouvoirs d’intervention pour les salariés et les citoyens.

2. La présence de Nicolas Sarkozy c’est la concentration et la confiscation des pouvoirs à un niveau caricatural et une attaque en règle contre les libertés et les droits démocratiques. Nous voulons au contraire porter une conception offensive de la démocratisation du pouvoir dans tous les domaines : État, collectivités, entreprises, faire preuve d’audace en matière de droits des citoyens et des salariés, faire prévaloir des logiques de coopération entre les collectivités contre les logiques de mise en concurrence.

3. Ce n’est pas le moment de baisser la garde à gauche. La gauche gagnera si elle va à ces élections avec des projets ambitieux, novateurs et courageux. La gauche mobilisera si elle a un projet clair et combatif, qui favorise l’intervention populaire pour faire face aux urgences sociales.

 Front de Gauche élargi : un appel à travailler ensemble !

C’est avec l’ambition de relever ces défis que le Parti communiste lance un appel à toutes les forces, à toutes les femmes et les hommes de gauche, comme du mouvement syndical, social, associatif, issus de la ruralité comme des grandes zones urbaines et de leurs quartiers populaires, à travailler ensemble pour que puisse s’exprimer dans ces élections, de la manière la plus forte et la plus claire possibles, la volonté de politiques et de majorités régionales résolument engagées à gauche.

Partout où les conditions peuvent en être créées, où les forces disponibles existent, le Parti communiste propose que ce travail commun débouche, autour d’objectifs et de projets clairs, sur la constitution de listes de Front de gauche de large rassemblement au 1er tour, qui, à partir mais très au-delà des trois forces qui se sont rassemblées à l’élection européenne (Parti communiste, Parti de gauche, Gauche unitaire), permettraient de réunir toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cette démarche.

Ces listes, les communistes veulent les ouvrir à des forces nouvelles et faire une large place à toutes les femmes et tous les hommes, citoyens, militants du mouvement social, élus locaux qui, dans leur diversité, partagent l’urgence de cette démarche.

En ouvrant un autre choix que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, les communistes veulent lever une dynamique de victoire à gauche sur des choix clairs. Ces listes ne sont pas en opposition au reste de la gauche : elles sont un moyen de réveiller la gauche !

 Des objectifs clairs

- Construire de la manière la plus ouverte et la plus participative possibles les projets régionaux clairement ancrés à gauche que devront porter ces listes et créer autour de ces projets les conditions du rassemblement le plus large.

- Tout faire pour empêcher la droite de reconquérir les régions, et créer par tout les conditions de majorités régionales de gauche, avec l’objectif de porter dans ces majorités des projets de transformation sociale réelle, et si les conditions en sont créées de travailler à leur mise en œuvre, jusque dans les exécutifs régionaux. Cela supposera de travailler sans ambiguïté au lendemain du premier tour à la fusion des listes de gauche et écologistes, donc à l’exclusion du Modem, dans le respect de l’in- fluence de chacune de ces listes.

- Tout faire pour élire dans ces majorités de gauche le maximum d’élus à même de porter ces objectifs avec détermination durant tout le mandat.

Avec l’annonce de la révision des valeurs locatives cadastrales, la base des impôts locaux, le chantier de la réécriture de la fiscalité directe locale est ouvert. C’est peu de dire qu’il s’agit là d’un chantier de grande ampleur.

Sur le fond, chacun s’accorde à le dire, une réforme de la base des impôts locaux est nécessaire. Les bases sont obsolètes et faute de révision générale, on a reconduit des injustices d’une part et créé des mécanismes complexes et peu lisibles (dégrèvements…) d’autre part. De plus, l’actualisation et le contrôle ne sont pas satisfaisants, notamment parce que la technicité particulière des agents et des services de l’administration fiscale affectés à cette mission n’a jamais été véritablement prise en compte par l’administration dans les réorganisations ou dans les moyens alloués. L’Union SNUI – SUD Trésor a pourtant porté de longue date sans être vraiment entendue pour l’heure la défense de cette technicité, par exemple dans le cadre du rapprochement « centres des impôts et centre des impôts fonciers » en réclamant, a minima, un secteur foncier clairement identifié au sein des centres des impôts. Cette technicité, aujourd’hui mise à mal par les choix passés, est l’un des clés de la réussite de la réforme des bases des impôts locaux. Il faudra en tenir compte et donc la renforcer.

Plus globalement, la réforme annoncée ne peut être analysée séparément de l’évolution globale de la fiscalité locale, notamment de l’impact de la suppression de la taxe professionnelle. En effet, il y a un réel danger de mener une telle réforme dans le cadre très contraint de la suppression de la taxe professionnelle et de la nouvelle contribution locale des entreprises. Cette dernière s’articule autour de deux contributions locales dont la somme sera plafonnée à 3 % de la valeur ajoutée. Ceci revient à instaurer un bouclier fiscal local pour les entreprises. Un tel plafonnement, dans un contexte où le besoin de financement de l’action publique des collectivités locales s’accroît, débouchera immanquablement sur un transfert d’imposition donc sur une hausse de l’impôt local payé par les ménages.

La réforme annoncée présente des effets pervers en cascade.
  Avec la révision des bases, les collectivités locales riches (là où les besoins sociaux sont moindres et où l’activité économique est souvent plutôt dynamique) verront leur base augmenter et celles plus pauvres (où les besoins sociaux sont plus importants et où l’activité économique est plus faible) verront leur base stagner ou fondre. Ce mouvement se traduira en termes de recettes fiscales.
  Le résultat est prévisible : les taux risquent d’augmenter dans les communes petites, moyennes et pauvres pour compenser l’affaiblissement des bases d’une part, et la baisse de ressources liée à la suppression de la taxe professionnelle d’autre part (celle-ci était déjà porteuse de tels dommages collatéraux, mais l’effet de structure de la réforme de bases risque de les amplifier).
  Enfin, il restera à déterminer dans quelles conditions seront redistribués les montants des dégrèvements de taxe d’habitation pour les contribuables dont le revenu fiscal de référence n’excède pas certaines limites. Actuellement, le dégrèvement est pris en charge par l’Etat : qu’en sera-t-il demain et quels seront les effets de la réforme sur les volumes budgétaires ? La question n’est pas neutre pour les collectivités locales dont les contribuables bénéficient en nombre de dégrèvements.

La réforme des bases des impôts locaux demeure sur le fond nécessaire mais le contexte est porteur d’effets pervers si on ne brise pas le carcan financier dans lequel la réforme intervient et si on ne renforce pas les moyens alloués à cette mission pour un meilleur suivi des impôts locaux, au service des contribuables et des élus. C’est bien d’un rééquilibrage global dont le système fiscal, national et local, a besoin. Sans cela, le « big bang » annoncé se transformera rapidement en chaos fiscal et financier.
Le président de la République vient de s’exprimer sur la réforme territoriale. C’est une régression démocratique sans précédent qui est annoncée. C’est la France des décrets et des préfets que veut le président.

Le chef de l’État propose de réduire de moitié le nombre d’élus territoriaux. Il affirme vouloir en finir avec « l’empilement des structures » mais agit en fait pour éloigner la pratique du pouvoir des populations. Il dit permettre ainsi un fonctionnement « à moindre coût » : c’est une aberration. La part des élus départementaux et régionaux dans le budget des collectivités est de seulement 0,04% !

Le mode de scrutin arrêté par le président est quant à lui une régression sans précédent. Les 20% de proportionnelle ne servent qu’à cacher un mode de scrutin « uninominal à un tour » qui vise à permettre à une UMP de plus en plus minoritaire de garder le pouvoir.

Il annonce la « suppression de la clause de compétence générale ». Cette suppression signe l’arrêt de mort de politiques publiques locales de qualité. Nicolas Sarkozy lie par ailleurs sa réforme à la « suppression de la taxe professionnelle », témoin éclairant de son soutien aux intérêts privés, preuve de sa volonté de retirer tout moyen d’action aux collectivités.

Les communistes ne proposent pas le statu quo. Ils proposent une réforme dont la démocratie serait le cœur.

Ils proposent une réforme qui institue le partage des décisions entre citoyens et élus, qui valorise le rôle et le travail des élus, qui donne les moyens financiers aux Collectivités territoriales, pour pouvoir conduire leurs politiques, qui favorise le développement des services publics et un nouveau mode de développement, qui ouvre les collectivités sur des coopérations entre elles et avec le reste du monde, qui donne à l’État un rôle de régulation et de répartition pour faire reculer les inégalités. Nous mettons la démocratie au cœur de cette réforme : défendre et améliorer la démocratie représentative et instituer une démocratie participative c’est-à-dire la participation des citoyens aux décisions pendant la durée des mandats.

Le président dit vouloir « des acteurs et des projets, pas des institutions et des procédures » mais c’est tout le contraire qu’il met en place dans un projet centralisateur et autoritaire.

Parti communiste français

Paris, le 20 octobre 2009.

 
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