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Sassenage à la Une

            30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 08:02

            Ci-dessous le texte intégral de l'hommage prononcé le 27 janvier 2012 par Michel Barrionuevo au nom du PCF.

            Jeannot, dans la famille Tufferi, on est communiste de père en fils. Ton père métallo à Paris était ton exemple.
            Dès l'âge de 16 ans, tu rejoins les vaillants, le mouvement qui deviendra plus tard la jeunesse communiste, puis il y aura une pause dans ton engagement.
            C'est en 1967 que tu adhères au Parti communiste français à Jarny en Lorraine, ce qui faisait de toi, l'un des vétérans de notre parti.
            Le 25 juillet dernier, tu as fêté tes 80 ans. Bien que né dans le 14ème arrondissement de Paris, tu avais l'accent du midi, de ce coin de l'Hérault qui réunissait ta famille.
            Homme de convictions, Jeannot tu étais de tous les combats, ceux de la CGT et ceux du Parti communiste français, tu avais ton franc parlé.
            Lorsque tu me disais "va caguer, tu me fais chier", cela signifiait simplement que tu ne partageais pas mon optique et j'avais beau envelopper cela dans un champ de lavande, au parfum de ton accent, tu n'en démordais pas !
            Lorsqu'avec ta famille vous habitiez rue Joseph Berthoin à Fontaine, c'est surtout dans les manifs que je t'ai côtoyé. Avec Lucien Combe, vous étiez les chevilles ouvrières de la Confédération nationale du logement.
            C'est en 1975 qu'avec Vovo, et les enfants: Jean-Claude et Gérard, vous êtes venus habiter aux Buissières à Sassenage. Ce que tu avais chevillé au corps, c'était ta lutte permanente pour la justice sociale, pas celle vers le plus petit dénominateur commun, mais celle qui fait grandir l'épanouissement humain.
            Ta France, c'était la belle, la rebelle, celle qui ne courbe pas l'échine celle qui se bat !
            Tous les ingrédients, malgré ce fichu caractère étaient réunis, nous avions beaucoup d'amis en commun, rien que dans la montée du Floréal: Régis et Janou.
            Ma première rencontre sassenageoise avec la famille Tufferi,  tourna autour de la menuiserie, avec  la confection d'un placard dans le couloir pour aménager cet espace.
            Cheminot, conducteur de trains, Jeannot tu ne bénéficiais pas d'horaires stables, pour autant cela ne t'empêchais pas d'être très présent dans l'activité politique. Secrétaire de la cellule Polotti du dépôt SNCF, membre du comité de la section Pierre Sémard, avec pour charge la propagande.
            Nombreuses ont été tes présences à la fête de l'Humanité. Une de celle qui t'aura le plus marqué a été ce moment fort de partage sur le thème "Lorraine, cœur d'acier".
            Dans l'Isère, tu prêtais ton concours au stand du Parti à la foire de Beaucroissant, ou bien avec tes autres amis cheminots, au restaurant fédéral de la fête du Travailleur Alpin.
            Tu ne trouvais pas ton engagement syndical et politique à l'entreprise incompatible avec l'action de terrain dans ta ville.
            En 1975, après une augmentation de 50% des impôts locaux, les communistes de Sassenage ont entrepris une vaste campagne de pétitions pour obtenir des exonérations ou le dégrèvement total de taxe d'habitation pour les familles les plus en difficultés; souvent, tu auras arpenté les tours de nos immeubles, au porte à porte.
            En 1977, à la suite de l'échec des négociations sur la constitution d'une liste d'union de la gauche, avec Georges Mottin, le Parti communiste français présentait une liste de 23 candidates et candidats et naturellement, Jeannot, tu étais de ceux là.
            Au second tour, il restait 20 sièges à pourvoir dont 6 pour la liste communiste, Jeannot fera partie de ces 6 élus.
            Des élus qui vont entreprendre une nouvelle façon de faire de la politique, avec une démarche inédite consistant à mettre l'Humain au centre des décisions, aujourd'hui on parle de démocratie participative.
            Je l'ai dit, Jeannot était une forte personnalité, en 1978 durant la période "programme commun" et en pleine campagne des élections législatives, tu nous diras: " nous ne nous sommes pas battus contre la hausse démesurée des impôts locaux pour accepter aujourd'hui une augmentation du double de l'inflation, je voterai contre le budget ! " Malgré toutes nos discussions, tu voteras seul en conseil municipal contre ce budget.
            Une situation qui n'aura pas été simple à gérer, puisque pendant 3 ans, la majorité municipale décida  de nous laisser notre délégation aux transports, voirie et circulation, mais sans aucun financement communal. Mouvement de clarté insoupçonnable dans les alliances concluent avec le Parti socialiste: 2 élus de ce groupe, m'avoueront être de droite et refuseront de signer l'appel à voter du second tour de 1978, pour Louis Maisonnat, candidat de rassemblement de la gauche.
            C'est en 1981 que tu as pu prétendre faire valoir tes droits à la retraite.
            Avec Vovo et la maman Rosette, vous avez décidé  l'année suivante de quitter Sassenage pour Béziers, une ville à direction communiste conquise par Paul Balmigère en 1977.
            Partis de Sassenage pour entendre le doux chant des cigales émergeant à l'aube, vous vous êtes retrouvés sur cette Place d'Espagne à affronter un autre ronronnement permanent: celui d'un compresseur frigorifique, plus propice aux cauchemars qu'au repos.
            A bout de nerfs, vous avez décidé d'investir dans une maison, rue de Bretagne à Béziers. Bien entendu à Béziers, il y avait l'engagement fort avec les communistes du cru qui voulaient en découdre avec le nouveau maire et la possibilité de reconquête avec Jean Claude Gayssot que vous aviez rencontré lors d'un bal du 14 juillet Place St Bruno à Grenoble lorsque vous habitiez à Sassenage.
            Après 10 années, en 1992, Vovo et Jeannot sont revenus s'installer à Sassenage, 13 rue des Roses. Le contact avec les anciens communistes, notamment avec Joseph Falco, sera renoué un temps. 
            Ce que tu appelais, "l'auberge espagnole de Robert Hue" ne te plaisant pas, tu as décidé de faire une pause dans ton engagement politique  jusqu'à l'élection de Marie George Buffet comme nouvelle secrétaire nationale du Parti communiste français, à part entière.
            Malgré la maladie, l'année dernière, le respirateur artificiel en bandoulière, tu as tenu à continuer avec les copains, à faire des bouts de chemins, dans les manifestations pour la préservation des droits à la retraite.
            Dans la nuit de mardi à mercredi tu t'es simplement endormi pour toujours.
            Aujourd'hui, il me vient ces mots de Tahar Ben Jelloun: " l'amitié ne rend pas le malheur plus léger, mais en se faisant présence et dévouement, elle permet d'en partager le poids, et ouvre les portes de l'apaisement."
            Des amis et camarades m'ont demandé de les excuser, soit parce que leur travail ne leur permet pas de se dégager ou bien du fait qu'en pleine campagne électorale, il y a parfois des impératifs que l'on ne maitrise pas. C'est notamment le cas de Patrice Voir qui rencontre en ce moment même, les habitants de la Villeneuve de Grenoble avec Jean-Luc  Mélenchon, le candidat du Front de gauche à la présidentielle.
            Jeannot qui m'appelait parfois "grand chef" était fier de la route empruntée par ses enfants, il me parlait de Jean-Claude qui avait été permanent de la JC, puis permanent syndical à la fédération du commerce CGT, de Gérard qui avait épousé Nath, la fille d'Henri Chanaleilles, ancien trésorier fédéral du Parti Communiste français de l'Isère.
            A toi Yvonne,  notre Vovo, à toi Jean-Claude, à toi Gérard, à toute votre famille, je veux en qualité d'ami et au nom des communistes de l'Isère vous adresser mes fraternelles condoléances.
            Dire aux plus jeunes, votre grand-père, arrière grand-père était un homme formidable, il aura été un exemple de droiture, de dévouement aux autres, soyez fier de lui. C'est un joli nom camarade, adieu Jeannot, nous ne t'oublierons pas et nous continuerons de dire, c'est beau la vie !

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