Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Accueil du Site

 

Visiteurs du Blogcompteur de visites html

 

 

https://www.facebook.com/trovero2017

 

 

Recherche

Sassenage à la Une

            16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 16:48

            13-01-12-Hollande-Trierweiler-Mali.jpgDepuis le vendredi 11 janvier, la France est en guerre.

            Il s’agit d’une action grave, potentiellement lourde de conséquences, décidée, comme il en va de sa responsabilité,  par le Président de la République.

            Les sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen n’ont jamais considéré l’entrée de leur pays dans un conflit comme une victoire annoncée, comme une solution positive à une situation donnée, quelle qu’elle soit.

            Ils considèrent que le choix des armes est toujours le résultat d’un échec; échec économique, échec social ou culturel, échec diplomatique et politique.

            Trop souvent la guerre laisse une situation dégradée, toujours elle meurtrit les populations et enracine les haines.

            Ces propos ne sont pas ceux d’une pacifiste béate ou idéaliste, ils sont le résultat de l’analyse lucide de l’histoire ancienne ou récente.

            Oui la guerre peut être évitée et ce succès est le résultat d’un travail diplomatique considérable en amont pour négocier, débattre, désamorcer.

            L’exemple malien est édifiant. C’est le résultat d’une catastrophe annoncée, qui a menée un pays, longtemps présenté comme une réussite démocratique africaine, se déliter, son Etat s’effondrer, la misère se développer plus encore.

            Faut-il rappeler que le Mali est l’un des pays les plus pauvres du monde ?

            Peut-on penser que tout a vraiment été entrepris pour construire une alternative à la déferlante islamiste qui est maintenant une réalité au Mali comme dans de trop nombreux pays ?

            La crise malienne c’est le résultat du maintien de ce pays dans un sous-développement économique, social et institutionnel par des décennies de domination occidentale, et de sociétés multinationales, dont la préoccupation première n’était pas, on le sait,  l’épanouissement des populations.

            Plus ponctuellement, la crise actuelle est la conséquence indirecte, cela doit être fermement rappelé, de l’intervention en Libye qui a permis la dissémination d’un arsenal considérable dans l’ensemble de la région.

            Cette intervention a également  poussé des Touaregs, déjà de longue date  en rébellion contre l’Etat malien, à revenir sur leur terre dans des conditions de précipitation qui ouvraient le chemin de la déstabilisation.

            Je le disais à l’instant, l’Etat malien s’est effondré. La déliquescence de son armée depuis le coup d’Etat de 2012, a aussi contribué à laisser la voie libre aux groupes islamistes et, pour certains d’entre eux, terroristes.

            La France, qui a exercé et exerce encore une forme de tutelle sur la région, l’expression « Françafrique » est bien connue, ne peut s’exonérer, même si elle regrette cette situation, d’une certaine responsabilité dans cette terrible évolution ?

             

            Ces premières réflexions faites, la réalité s’impose à nous : des groupes armés, sous l’influence la plus radicale de l’islamisme combattant, certains directement liés à AL-QUAIDA comme AQMI, occupent depuis des mois le nord du pays  faisant régner la terreur, appliquant la charia. L’un des symboles de cette violence est la destruction du patrimoine historique que constituaient les mausolées soufis de Tombouctou.

            Bien entendu il faut faire la part des choses. La notion de groupes terroristes ne peut être appliquée à l’ensemble de ces mouvements.

            Il serait donc utile, monsieur le ministre des Affaires étrangères, que vous nous décriviez, avec la précision qui vous caractérise, la réalité des adversaires que la France affronte aujourd’hui.

            Qu’en est-il par exemple de la mouvance indépendantiste ou autonomiste touareg non liée historiquement avec l’islamisme radical ? Ne doit-on pas veiller, avec une grande vigilance, à ne pas faire d’amalgames qui pourraient servir de prétexte à  des exactions contre les  population touareg, comme s’en est déjà rendue responsable dans le passé l’armée malienne.

            Cette force composite menée par des mouvances incontestablement menaçante pour l’idéal de démocratie et de progrès ont fait mouvement jeudi dernier vers Bamako, la capitale.

            Fallait-il laisser ces forces conquérir, au-delà de Bamako, l’ensemble du Mali ?

            Notre réponse est clairement : NON !

             

            Il fallait empêcher dans l’urgence l’avancée de ces groupes dont l’idéologie porte à instaurer des régimes despotiques d’une rare violence, en particulier à l’égard des femmes.

             

            J’insiste également sur le fait que ces groupes s’appuient souvent sur une organisation de type mafieuse leur assurant un financement important issu du trafic de drogue ou d’armes. Le Sahel est ainsi devenu une gigantesque plaque tournante.

            Nous approuvons donc cette décision d’éviter la prise de Bamako et d’empêcher l’avancée des groupes islamistes.

            De plus, cette action de la France résulte d’une demande officielle d’intervention du Président malien au titre de l’article 51 de la Charte des Nations Unies. Elle reçoit d’évidence le soutien des populations au Mali, des Maliens de France et de leurs organisations.

            Elle reçoit aujourd’hui une approbation sans ambiguïté de l’ensemble du Conseil de sécurité de l’ONU.

            L’urgence a justifié une décision précipitée sans consultation préalable du Parlement, ce que nous regrettons. La semaine dernière les préparatifs de nos armées étaient évidemment déjà en cours, et différents scénarios d’intervention étaient élaborés.

            Un débat aurait pu être organisé au Parlement.

             

            Nous avons regretté et combattu avec l’ensemble des parlementaires de gauche l’évolution constitutionnelle de 2008 qui a renforcé les prérogatives de l’exécutif en la matière, alors qu’elles étaient déjà particulièrement excessives.

            Nous sommes bien éloignés de nombreux voisins européens, comme l’Allemagne, où la captation par un seul homme du pouvoir de décider du déclenchement d’hostilités parait peu concevable.

            Une meilleure anticipation, un travail étroit du Parlement avec le gouvernement aurait permis de mieux appréhender aujourd’hui les finalités de notre engagement.

            J’ai lu hier que des responsables américains redoutaient un enlisement rapide comme en Afghanistan.

            Que se passera-t-il si les djihadistes trouvent refuge dans les montagnes de l’ouest ?

             

            L’annonce d’un engagement militaire de notre pays par le Président de la République jusqu’à la stabilisation du Mali nous semble une échéance bien lointaine qui donne un cadre trop large et trop flou à notre intervention.

            Nous souhaitons donc que ce débat puisse notamment apporter des précisions à ce sujet.

            Prenons garde qu’au nom de la lutte contre le terrorisme d’obédience islamiste, cette guerre qui risque d’être longue, ne nous rappelle fâcheusement le concept de guerre de civilisation porté par Georges Bush en 2001.

            Il faut travailler à isoler les groupes à proprement parler terroristes qui sont minoritaires en évitant, je le répète tout amalgame avec des forces moins radicales qui se sont engagés dans ce conflit du fait de la déstabilisation du pays et de la région.

            Nous soutenons clairement que soit proclamé l’objectif de reconstruction de l’Etat malien et de restauration de la Démocratie.

            Adopter uniquement la posture d’une déclaration de guerre à l’islamisme radical et au terrorisme serait dangereux et vain.

            Si action politique, diplomatique contre l’islam radical, véritable fascisme de notre temps, il y a, cette action doit être cohérente.

            Qui finance certains groupes en action au Mali si ce n’est le Quatar ? Doit-on se voiler la face ? Les groupes radicaux à l’œuvre en Libye, en Syrie comme au Soudan ou en Palestine, soutiennent, ou vont soutenir activement, les forces que nous commençons à combattre au Mali.

            Que fait notre diplomatie à l’égard des émirats, où le Président de la République vient de se rendre, à l’égard du Quatar ou de l’Arabie saoudite, régimes monarchiques et despotiques qui fondent leur influence sur leurs immenses richesses, pour les dissuader de continuer leur action au proche ou moyen orient comme en Afrique pour déstabiliser, diviser et finalement combattre les valeurs démocratiques, les valeurs de progrès et d’épanouissement ?

            M. le Ministre lorsque les autorités wahabites décident en Arabie Saoudite de faire décapiter au sabre une employée sri lankaise immigrée, n’ envoient elles pas des signaux de haine et de violence qui se propagent dans le monde entier et au Mali ?

            Aujourd’hui, ne sommes-nous pas victimes de groupes que nous avons-nous-mêmes, avec d’autres pays occidentaux, contribué à créer et à armer, consciemment ou involontairement.

            Nous demandons donc avec force une nouvelle cohérence dans notre politique à l’égard de l’islam radical.

            Enfin nous demandons que conformément aux engagements internationaux cette intervention soit prise en charge par un nombre croissant de pays aux premiers rangs desquels les pays africains.

            La force d’intervention décidée par les Nations Unies par la résolution 2085 doit devenir réalité au plus vite.

            Il faut à tout prix éviter que nous restions, un temps indéterminé, seuls, en première ligne.

             Nous avons pris nos responsabilités et il fallait le faire. Mais ce cavalier seul ne peut durer. C’est notre autorité politique et démocratique qui est en jeu ainsi que notre sécurité.

            Ce conflit, le drame malien peut être un signal de plus à l’urgence du développement.

            L’Afrique possède toutes les richesses, naturelles et humaines pour se développer. Il faut pour cela cesser le pillage des matières premières et des compétences intellectuelles.

            Ces mots, que beaucoup ici ont utilisés, doivent enfin devenir des actes afin que l’Afrique ne compte pas un Mali puis deux puis trois, avant l’embrasement de toute une région.

            Partager cet article

            Repost 0
            Publié par Michelle Demessine - dans Politique
            commenter cet article

            commentaires

            Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -