Le Parti communiste français demande la libération immédiate des quatre dirigeants de l’ opposition tchadienne arrêtés par la garde du Président Idriss Deby. La France doit peser dans ce sens. Ces quatre dirigeants ont toujours refusé l’usage des armes. Il est inacceptable et choquant que le régime tchadien se saisisse de la crise actuelle pour museler et réprimer une opposition politique.
Les autorités françaises ont cherché à gérer la crise avec habileté pour ne pas compromettre le déploiement de l’ Eufor. Mais en fin de compte rien ne change. C’est la Francafrique qui continue avec le soutien direct à un régime anti-démocratique.
Au Soudan voisin, le gouvernement a profité des troubles au Tchad pour lancer une offensive contre les rebelles à l’ Ouest du Darfour. Là encore ce sont les populations qui paient le plus lourd tribut : au moins 200 morts, 12000 déplacés, plusieurs villages détruits.
Cette crise qui concerne l’ensemble de la Région, révèle les profondes carences en matière de démocratie et de souveraineté pour les peuples concernés. Elle montre aussi l’urgence à changer réellement la politique de la France en Afrique.
La France doit cesser son soutien à des régimes autoritaires et corrompus et valoriser le rôle des sociétés civiles et des forces démocratiques afin de contribuer au respect des droits politiques, économiques et sociaux des peuples africains. Le Parlement français doit pouvoir exercer un contrôle strict et permanent de la politique africaine de la France. Tous les accords d’ Etat à Etat, accords de coopérations, accords militaires doivent être rendus publics. Il faut aller vers l’ élimination des bases militaires françaises en Afrique.
C’est aux racines économiques et sociales des crises qu’il faut s’attaquer d’urgence. Le développement de l’Afrique, par une véritable politique de coopération respectueuse des aspirations démocratiques montantes, des exigences de l’ Etat de droit et des intérêts des Africains, doit devenir une des grandes priorités en particulier de la France et de l’ Union européenne. Celle-ci, plutôt que d’imposer la mise en place de zones de libre échange avec les pays d’Afrique, doit au contraire mettre l’accent sur les moyens et les conditions du développement, l’annulation de la dette, la mise en cause des plans néo-libéraux d’ajustement structurel, l’augmentation de l’aide, la régulation des échanges. Elle doit favoriser de véritables partenariats et les coopérations dans tous les domaines afin de contribuer au progrès social, à la formation et à l’emploi.
Parti communiste français
Paris, le 14 février 2008.