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Merci au dessinateur Chimulus qui a accepté que ce blog utilise les dessins paraissant sur son site: http://blabladezinc.blog.20minutes.fr/

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Mercredi 6 février 2008
 
Compte rendu établi par Karel Kostal et Robert Duguet le 04/02/2008
 
Le samedi 2 février, à l’appel du CNR, un millier de militants étaient réunis hall Carpentier à Paris. Une trentaine d’intervenants durant 3 heures a témoigné d’un spectre de représentations politiques beaucoup plus large qu’au début de la campagne. Ce qui caractérisait cette réunion c’était une grande homogénéité politique des opinions exprimées et la volonté affichée de poursuivre le combat, quel que soit le résultat du vote du congrès de Versailles le 4 février.  Tous sont revenus dans leur intervention sur le fait que le passage du Traité de Lisbonne par la voie parlementaire représente un scandaleux déni de démocratie sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale : le peuple souverain a rejeté en 2005 le TCE, seul le peuple consulté par voie référendaire a le pouvoir d’accepter ou de rejeter le Traité de Lisbonne, qui reprend intégralement le contenu du TCE de 2005.
 
Toutes les interventions se sont accordées sur ce contenu unitaire, à partir duquel s’est ordonnée la campagne de signatures des citoyens et des élus : « Nouveau Traité, pas sans nous, nous voulons un référendum. », comme l’indiquait notre affiche.
 
En fonction de sa place dans le champs politique ou syndical, chaque intervenant a nourri ce cadre de départ.
 
Un secrétaire CGT des finances a insisté sur l’indépendance totale de la Banque Centrale Européenne vis-à-vis des Etats et des gouvernements. Les dispositions du Traité vont aboutir à ne pas tolérer les revendications salariales qui  s’expriment dans la lutte sociale : un exemple précis, le gouvernement allemand est contraint aujourd’hui, du fait d’une campagne du nouveau parti de gauche « Die Linke », reprise par le SPD, d’envisager la création d’un SMIC dans le secteur postal. Ceci naturellement va entrer en contradiction avec les dispositions du nouveau Traité.
 
La représentation de AC (Agir contre le Chômage) a expliqué le combat que son association mène depuis 1997, les marches européennes. Le nouveau libéralisme entraîne une fluidification des marchés du travail et le dumping social : « non à l’Europe du capital ! Nous allons organiser la lutte au niveau européen ! » Par ailleurs, elle a insisté sur le fait que tous ceux qui travaille dans les Etats membres doivent bénéficier de papiers pour vivre décemment.
 
Le délégué d’ATTAC a fait le lien entre la crise du capital financier qui se développe aux USA dans l’immobilier et le nouveau Traité. Un fossé entre le peuple et les partis politiques se creuse : « le PS, a-t-il déclaré, n’ a jamais digéré la victoire du non de 2005 ». Les dirigeants du PS  jouent le jeu de Sarkozy et entrent dans « l’arnaque contre le peuple ». Comme les autres intervenants, il a remis en question la logique actuelle de la construction européenne, sa nature même. Un autre représentant d’ATTAC a ajouté : « travailler plus pour que les actionnaires gagnent plus », c’est en fait le véritable mot d’ordre de Sarkozy. « Les mois prochains sont décisifs, rendez-vous est pris dès lundi prochain pour une autre construction européenne… Nous allons faire des propositions en 2009, l’année des élections européennes. »
 
Francis Wurtz, député européen, a insisté sur le fait que l’Union « a mangé son pain blanc et qu’elle entre dans une crise de légitimité ». Il a posé l’interrogation suivante : quand le trop plein s’exprimera t’il ?
 
Les Alternatifs ont déclaré qu’ils étaient favorables à une constitution nouvelle, tout en appelant à « la désobéissance civique ».
 
Arlette Laguiller au nom de Lutte Ouvrière a dénoncé l’Europe des privilégiés. Elle s’est prononcée par un contrôle politique et démocratique des appareils bancaires : en revenant sur la question du scandale de la Société Générale, elle a posé la question : comment ce groupe peut-il conforter une Europe sociale ?
 
Gérard Filoche a placé son intervention sur le terrain social et la défense du code du travail. Comme ce nouveau traité qui  institue dans tous les domaines le mépris de la démocratie, il a relaté comment une commission sans aucun mandat de 5 recodificateurs sont en train de massacrer le code du travail.
 
Jean Pierre Chevènement a déclaré que les parlementaires n’ont pas le droit de désavouer le peuple, ce serait une forfaiture. Les députés ont la possibilité d’imposer une minorité de blocage, « s’abstenir comble de l’hypocrisie ! » Il faut entrer en résistance, ceux qui le feront sauveront l’honneur de la république, comme les 87 en refusant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le maire de Belfort a été le seul intervenant à poser la question de la soumission de l’Europe à l’OTAN et à la présence américaine à travers le Traité.
 
Un responsable de la FSU a dit qu’il participait à cette réunion au nom des mandats de son organisation syndicale, qui a travaillé sur un autre projet européen. La notion de service public est profondément incompatible avec le principe de libre concurrence.
 
Marie George Buffet, au nom du PCF, a revendiqué que l’on rende aux peuples la construction européenne. « Avec ce traité c’est l’échec programmé de l’Europe ». Elle a appelé au rassemblement des parlementaires du non devant les grilles du château de Versailles.
 
Paul Quilès, au nom de Maintenant à Gauche, a passé une bande magnétique extraite d’un discours de Sarkozy prononcé au Comité directeur de l’UMP en 2004, où il disait que « pour toute décision nationale importante, il faut procéder par référendum ». Il a cité les chefs d’Etats qui font aujourd’hui les politiques les plus libérales, et qui reconnaissent la légitimité du nouveau traité.
 
La déléguée de la fondation Copernic a rappelé l’appel aujourd’hui historique des 200, qui a lancé la campagne pour le non au TCE Elle a utilisé l’expression « les nouveaux versaillais » pour ceux qui voteront positivement la modification constitutionnelle, en ajoutant : « votre Europe n’a aucune valeur ! »
 
Francine Bavai : « la bataille n’est pas terminée après le vote de lundi prochain car nous sommes européens ! »
 
Eric Coquerel, au nom du Mars Gauche républicaine, a proposé de « dresser la liste de tous les élus et du choix qu’ils ont fait à Versailles. »
 
Yves Salesse a déclaré que nous avons besoin d’Europe face au capitalisme mondialisé. Le marché implique que nous ayons des instruments de maîtrise et de régulation. « Vous êtes ici par la volonté du peuple, et après la forfaiture de lundi 4 février l’affaire n’est pas terminée. » Et à l’occasion des municipales qui approchent, il faut poser aux députés la question : « Qu’as-tu voté à Versailles ? ».
 
Marc Dolez, député socialiste et animateur du réseau Forces Militantes, a dit : « les autorités n’ont pas eu mandat pour ce traité par voie parlementaire ». S’adressant aux députés il dit : « N’acceptez pas ce déni de démocratie… chaque député, chaque sénateur est devant l’histoire. » En parlant de la rencontre de Lisbonne pour écrire le nouveau traité, il a parlé du « complot de Lisbonne… Pour la première fois depuis la guerre, le parlement s’apprête à désavouer le peuple. Quel que soit le résultat du vote, nous continuons. »
 
Denis Sieffert de la revue Politis a déclaré que le Traité de Lisbonne se situait dans la ligne d’une pensée unique, rejetant les autres points de vue.
 
Olivier Besancenot, au nom de la LCR, a dénoncé le coup de force contre la démocratie.
 
Daniel Shapira, au nom du Parti des Travailleurs, est intervenu sur le contenu des institutions européennes qui toutes sont foncièrement étrangères à la démocratie et a posé la question de rompre avec ces institutions, tôt ou tard.
 
Jean Luc Mélenchon a posé cette question fondamentale, pourquoi Sarkozy gagne t’il ? A cause de notre faiblesse. C’est un complot qui a été concocté à Lisbonne, véritable « coup d’Etat simplifié »  « Cette Europe est condamnée, parce qu’elle se passe du peuple… Il faut regarder du côté de ceux qui marchent avec nous, c’est là qu’est le chemin… Une force politique nouvelle est en train de naître, un parti qui n’a pas encore de nom. »
 
Quatre représentants de forces politiques qui partagent nos idées sont venus saluer fraternellement notre réunion. Un camarade d’un parti socialiste en rupture avec la social démocratie des Pays Bas a expliqué pourquoi le peuple hollandais avait dit non au TCE de 2005. Un suédois a adressé son salut en anglais à notre combat. Une camarade irlandaise a fait référence à la devise républicaine française : « liberté, égalité, fraternité ». Enfin le délégué de Die Linke, nouveau parti de la gauche allemande, nous a fait rire en parlant de « Sarkozy et de sa nouvelle copine… Angela Merkel. »
 
Claude Debons a conclu la réunion par « c’est le début, continuons le combat ! ».


Ce soir je suis très amer. L'analyse du scrutin du congrès du parlement à Versailles donne raison à l'analyse et au décompte publiés ici et répétés tant de fois. Lisez bien : le total des voix de droite, du centre et des non inscrits qui ont voté oui à la réforme Constitutionnelle est de 523 voix. C'est-à-dire 519 exprimés plus quatre votes en « abstention » ou « contre » rectifiés ensuite. 523 voix c'est 22 voix de moins que la majorité requise qui était de 545 voix ! Ce sont donc les 40 voix venues de gauche qui ont permis d'interdire le référendum : 17 députés PS et PRG, 15 sénateurs PS et Verts, 8 sénateurs PRG et divers gauche !
 
A l'inverse si tous les parlementaires de gauche présents avaient voté contre la réforme, le total aurait été de 355 voix. La minorité requise était de 363 voix. Il aurait manqué 8 suffrages, exactement comme prévu. Mais compte tenu du vote négatif de 14 parlementaires de droite (comme prévu par les décomptes publiés sur mon blog) il y aurait eu 369 voix « contre » soit 6 voix de plus que le total requis !
Ce n'est pas tout. Compte tenu des abstentions et des refus de vote (NPPV) à droite et au centre (15 voix ce 4 février), le seuil de la minorité de blocage serait même descendu à 357 voix. Cela aurait donné au vote « contre » la réforme une avance de 12 voix.
La gauche aidant la droite à empêcher le vote du peuple : la honte. Un parlement votant en deux heures la censure du peuple : la honte. Une combine politicienne pour rendre tout ça possible : la honte !

Jean-Luc Melenchon.


par Collectif publié dans : Europe- Traité
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