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Dimanche 24 février 2008
Confusion entre politique et vie privée, annonces à répétition sans concertation, show médiatique policier de Villiers-le-bel, la succession des évènements est commentée sur les marchés, dans les réunions de familles, entre collègues ou entre amis avec ce commentaire : y a-t-il un pilote dans l’avion France ?

Comment résister à cette dérive de la politique ? En lançant de vagues appels, du type de celui de l’hebdomadaire Marianne où se côtoient Ségolène Royal, Bertrand Delanöe, Dominique de Villepin et François Bayrou ? Sûrement pas, car en vérité c’est la politique de la droite qui est dangereuse. Il y a une urgence démocratique et une urgence sociale. Les élections du 9 mars, qui permettront de choisir des programmes municipaux et départementaux répondant aux aspirations, seront aussi une occasion de faire entendre notre colère. Il y a urgence !

Urgence sociale

Cette urgence est d’abord sociale. On la voit dans les luttes des caissières de supermarché de Marseille et d’ailleurs pour le pouvoir d’achat. Des luttes qui portent l’intérêt général et auxquelles « le président du pouvoir d’achat » est incapable d’apporter aucun geste si ce n’est de leur envoyer les CRS. Même incapacité à intervenir pour éviter les drames des licenciements à Gandrange, en Moselle quand Mittal réalise 10 milliards de profit ou à Toul chez Kleber, filiale de Michelin qui voit ses profits progresser de 35% dans l’année. Mais comment s’étonner d’être impuissant quand on se coupe les mains en imposant un traité européen qui soumet le pouvoir politique aux multinationales ?

Urgence démocratique

Ce dont on a besoin, ce sont des droits nouveaux. Pour les salariés à l’entreprise par exemple. Si les salariés de la Société Générale avaient eu de vrais droits d’intervention, auraient-ils accepté de gâcher sept milliards d’euros comme cela s’est passé ? S’ils avaient le droit de dire leur mot dans les entreprises du CAC 40, accepteraient ils que tous les profits partent en dividendes pour les seuls actionnaires et PDG (+40% en 2007 !) alors que les salaires sont au régime sec ? S’ils avaient plus de droits à Carrefour, accepteraient-ils ces salaires scandaleusement faibles attribués aux employés quand les patrons de la distribution roulent sur l’or ?

Ce dont on a besoin, ce sont aussi des droit nouveaux pour les usagers des services publics, pour les citoyens dans la cité. Les communistes accordent une place centrale à la question de la coélaboration avec les citoyens. Pour eux, le fil conducteur, c’est la démocratisation de la vie publique, qui dépasse de loin la simple concertation pour aller vers la création de ces droits nouveaux. Une question tout à fait d’actualité avec les municipales et les cantonales. Pour des politiques efficaces, il faut miser sur la participation citoyenne, sur l’envie des gens de dire leur mot, leur énergie démocratique, leur besoin de donner leur point de vue, d’être parti prenante de la vie de leur quartier, leur village, leur ville.

Le vote contre les mauvaises surprises

La droite continue de concocter ses mauvais coups pour les rendre publics après les municipales .

Nicolas Sakozy a annoncé à l’Université du MEDEF, cet été, son intention de modifier le droit pour délivrer les chefs d’entreprise « du risque pénal à la moindre erreur de gestion ». En fait, il s’agit de réduire l’action de la justice contre les patrons voyous. Rachida Dati vient de saluer le rapport Coulon sur ce sujet et promet d’aller vite dans sa mise en oeuvre. Le fameux Ministre d’ouverture, Eric Besson a annoncé, il y a quelques jours, que la TVA sociale serait en débat sous peu. Rappelons que derrière le mot social se cache une TVA à 25 % environ, l’impôt le plus injuste.

Deux exemples qui montrent bien le choix fait dans les promesses électorales qu’il faut tenir et celles qu’on abandonne.

Alors oui, face à la déception voire la colère engendrée par la mise en oeuvre de la politique de la droite, ça vaut le coup de sanctionner le pouvoir en place et de donner sa chance, partout dans le pays, à des majorités de gauche, aux élus communistes.

Aussi, le 9 mars nous appelons à la mobilisation autour de programmes municipaux et cantonaux qui répondent aux aspirations. Avec l’ambition d’avoir des élus communistes plus nombreux à votre service, des villes et des cantons gagnés à la droite

par site PCF publié dans : Politique
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Dimanche 24 février 2008


 
« Je n’accepterai jamais que l’on dise : les usines, c’est fini, l’industrie, c’est fini, le plein emploi, c’est fini, les Ardennes, c’est fini ». Juste courroux. Et beaucoup ont cru à ce volontarisme, dans les familles ouvrières précarisées, frappées par le chômage, dans des régions transformées en friches industrielles, désespérées par les déclarations d’impuissance de dirigeants politiques de droite et de gauche.

Beaucoup ont pris confiance dans les engagements d’un homme qui se proclamait « le candidat du peuple », qui serait, si l’électeur y aide, « le président du pouvoir d’achat ». De cet homme qui n’hésitait pas à affirmer qu’il parlait « au nom de cette France qui souffre mais qui veut vivre debout sur sa terre et ne demande rien d’autre que la justice » car ainsi parlait Sarkozy à Charleville en décembre 2006.

Il y tempêtait contre les restructurations, les délocalisations, la désindustrialisation, contre ces patrons voyous et autres pilleurs d’usine dont la puissance prédatrice s’est illustrée notamment dans les Ardennes chez Thomé-Génot.

Après quelques mois d’état de choc, l’opinion publique découvre l’envers des mots. Qu’ils aient succombé ou non au charme du verbe, rares étaient les Français qui imaginaient une hausse du pouvoir d’achat sans augmentation de salaire, ou que la lutte contre le chômage signifiait une législation sociale facilitant les licenciements.

L’imposture se révèle.

Près de 60% des Français estiment mauvaise la politique économique du gouvernement. Le sentiment d’avoir été trompé est le principal ressort de la chute du président dans les basses eaux de l’impopularité. Le chef de l’Etat tente de remonter la pente et multiplie depuis quelques jours les coups médiatiques avec, sans doute, moins de bonheur que par le passé. Avec le grand spectacle policier son et lumières de Villiers le Bel, après sa proposition de parrainage d’enfants victimes de la Shoah qui lui a valu une réplique cinglante de Simone Weil, Sarkozy a repris le temps d’une visite sur l’ex site de Metaleurop ses accents de candidat qui pourfend « le capitalisme sans foi ni loi ».

Dans cette région du Nord-Pas-de-Calais, tout comme dans les Ardennes voisines, les salariés en connaissent un rayon sur les pratiques de voyous permises par le sacro-saint principe de l’actionnaire-roi. Des patrons qui profitent de subventions publiques puis se font la malle. Ou comme Michelin qui liquide des emplois à Toul après avoir engrangé une hausse de 35% de ses profits. Et que dire de Mittal qui verse à ses actionnaires un tiers des 7 milliards de dollars de bénéfices et ferme Gandrange.

Le même Sarkozy qui donne des coups de menton sur le grand capital propose que la collectivité nationale investisse à la place du géant de l’acier. Il évoque le Fonds national pour la réindustrialisation abondé par l’Etat...

Toute la question est de savoir quelle contribution serait demandée aux actionnaires et si les restructurations doivent demeurer le fait du prince. « Au nom de quoi l’Etat français interviendrait-il pour empêcher que le numéro 1 de l’acier gère correctement ses actifs ? » estime Francis Mer, ancien patron d’Usinor-Sacilor, ancien ministre : lui résume bien l’opinion véritable du pouvoir. Quant à une loi responsabilisant les groupes sur les agissements de leurs filiales, elle risque, si jamais elle voit le jour, d’être une coquille vide au moment où le pouvoir sarkozyste dépénalise le droit des affaires.

par PCF publié dans : Actualités
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