Vendredi 18 janvier 2008


























Une analyse de l’accord sur le contrat de travail signé par les syndicats réformistes, par Sylvain Chicotte, membre du CN du PCF et inspecteur du travail.

A l’exception notable de la CGT les syndicats ont donc signé l’accord interprofessionnel sur les contrats de travail. La décision finale, transposition dans la loi, est maintenant entre les mains de Sarkozy qui a mis la pression sur les syndicats en exigeant qu’ils signent une grosse partie du cahier de revendications du Medef sous la menace d’en transcrire la totalité dans une la loi.

L’accord est dominé par les exigences du Medef, qui portent sur trois questions essentielles avec comme point commun la recherche d’une flexibilité, d’une insécurité encore plus grandes que celles que connaissent déjà les salariés.

D’abord le patronat veut allonger les périodes d’essai.

Il s’agirait à la fois de mieux apprécier les compétences du salarié recruté et de bénéficier d’une période de consolidation économique. Les périodes d’essai sont généralement d’une durée d’un mois et de trois mois pour les cadres, ce qui est largement suffisant pour mesurer les qualités professionnelles d’un travailleur d’autant plus que l’embauche est entourée d’un luxe de précautions inouï. D’autre part, dans la pratique, la période d’observation est (en toute illégalité) plus longue puisque le recrutement en CDI est très souvent précédé de CDD ou d’intérim. Quant à la période de consolidation économique le raisonnement patronal devrait le conduire à exiger des périodes d’essai illimitées puisque la pérennité des commandes n’est jamais certaine. En fait l’allongement des périodes d’essai présente deux avantages au yeux des patrons : se débarrasser quand ils le veulent des éléments jugés indésirables et pendant toutes ces périodes faire suer le burnous au maximum aux personnes embauchées à l’instar des méthodes de cette grande surface qui prenait 20 jeunes en contrats de qualification de deux ans en même temps et en annonçant qu’à l’arrivée il y en aurait 5 recrutés en CDI : des mères affolées devant l’état d’épuisement de leurs fils mis ainsi en concurrence appelaient l’inspection du travail pour demander ce qu’il était possible de faire.

Il faut savoir cependant que les périodes d’essai sont fixées par les conventions collectives de branches, l’accord interprofessionnel et la loi ne peuvent les abroger. Il faudra que dans chaque branche les patrons obtiennent les signatures syndicales.

Deuxième sujet mis sur la table. La séparation à l’amiable : organisation d’une vaste fraude aux Assedic incompatible avec « la France qui se lève tôt ».

En fait cette modalité de rupture existe depuis toujours. La nouveauté serait qu’elle ouvrirait droit aux allocations chômage alors qu’actuellement il faut « être involontairement privé d’emploi » pour toucher les allocations.

Aujourd’hui « la séparation à l’amiable » se pratique autrement. Les départs, le plus souvent après 57 ans, sont arrangés entre employeurs et salariés : une lettre de licenciement avec un motif imaginaire accepté par le salarié. L’entreprise réduit ainsi, ou renouvelle, ses effectifs à peu de frais, le salarié de son côté est satisfait de partir en retraite anticipée payée pendant trois ans par l’Assedic. Ces pratiques sont légion en particulier dans les plus grandes entreprises. Actuellement 450 000 personnes sont ainsi dispensées de recherche d’emploi, non comptées dans les chiffres du chômage.

L’accord conclu légaliserait donc ces pratiques frauduleuses. Mais en plus il conduira à plus de licenciements : l’employeur qui veut se débarrasser d’un salarié pourra pousser le salarié vers la porte en lui menant la vie dure tout en lui faisant miroiter comme issue les allocations chômage au lieu d’une hypothétique procédure prud’hommale. En quelque sorte les allocations Assedic se substitueraient aux dommages payés par l’employeur sur décision du juge.

Il s’agirait, dit le Medef, de protéger les chefs d’entreprise contre l’insécurité juridique que représente les procédures devant les conseils des prud’hommes. D’où aussi l’exigence d’un plafonnement des indemnités accordées par le juge en cas de licenciement abusif. Etonnant de la part de gens qui prétendent que la caractéristique première de ces surhommes que sont les chefs d’entreprise c’est justement le goût du risque qui justifie leurs hautes rémunérations !

Mais quelle est donc dans la réalité l’ampleur du risque pris par le patron quand il licencie ? Le recoupement de diverses sources donnent ceci : bon an, mal an 800 000 licenciements par an, 140 000 procédures engagées en justice par les victimes dont 40 000 aboutissent à des condamnations en dommages et intérêts d’un montant moyen de trois mois de salaire, c’est-à-dire que chacun des 800 000 licenciements coûte en moyenne environ 250 € au patronat pris dans son ensemble. On voit l’urgence à protéger les chefs d’entreprise contre une telle menace ! Il y a bien sûr des cas où la condamnation est plus lourde, 6 mois de salaire, deux ans, quatre ans dans des cas extrêmes. Il reste que ces condamnations visent les cas ou l’abus patronal est manifeste et où le préjudice subi par le salarié est parfois considérable. En réalité le préjudice subi par un salarié de plus de 50 ans ayant fait toute sa carrière dans la même entreprise n’est jamais complètement réparé ; nombreux sont ceux qui, dans cette situation, ne retrouveront plus jamais de travail. Qui donc prend les risques et doit être protégé contre l’insécurité juridique ?

Est-ce que Sarkosy osera, d’une part légaliser les fraudes massives aux Assedic permises par l’accord et, d’autre part, favoriser la tâche de ces voyous qui mettent le couteau sous la gorge d’un travailleur en lui disant : « tu signes à l’amiable avec trois mois d’indemnités ou je continue à te mener la vie dure, tu seras tout de même lourdé et je te garantis qu’alors tu ne retrouveras plus jamais de travail dans la région ». Ces pratiques existent déjà mais en les légalisant on risque de les multiplier et on rend quasi impossible les contestations par les victimes. L’homologation par les directions départementales du travail pose enfin deux problèmes : d’abord, vu le nombre de ruptures, ces directions ne pourront pas suivre, ensuite il semble que le gouvernement a oublié de signaler aux négociateurs qu’il a prévu, dès 2008, la disparition des directions départementales du travail ?!!!

La question se pose : peut-on en France interdire à un citoyen de demander réparation en justice quoi qu’il ait signé ? les tribunaux ne peuvent être privé du droit d’apprécier les conditions dans lesquelles le consentement à été obtenu, les motifs réels de la rupture, ainsi que le montant de la réparation du préjudice.

Troisième revendication patronale. Un nouveau motif de CDD : le contrat de mission ou le contrat à objet défini.

Pas si nouveau que cela. Petit rappel historique : dans le silence du code du travail c’est le code civil qui réglemente le contrat de travail, or ce Code napoléon prévoit qu’on peut engager ses services pour une entreprise (un objet) déterminée. Cette possibilité a toujours donné lieu à de nombreux abus et à une très grande précarité tempérée cependant dans ses conséquences dans les périodes de faible chômage comme celle des années 60. En 1982 une ordonnance vient limiter une première fois le CDD de mission en obligeant à fixer une date de fin de contrat. Puis une loi du 12 juillet 1990 interdit totalement ce type de contrat. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que cette loi reprenait le contenu de l’accord interprofessionnel du 24 mars 1990 signé par le CNPF et les syndicats, CGT comprise. Bien que rarement, il arrivait encore à l’époque que le patronat signe des accords de progrès social. Aujourd’hui le Medef récuse ce que ses prédécesseurs ont admis il n’y a pas si longtemps. On peut se demander dès lors ce que valent les signatures patronales.

Les délégations syndicales l’ont souligné, le CDD de mission serait un mauvais coup contre les salariés car il cumulerait les défauts du CDD c’est-à-dire l’éviction de l’entreprise sans autre motif que la fin de la mission et les défauts du CDI à savoir la possibilité du licenciement à tout moment. Exit la durée minimum garantie du CDD mais exit aussi la nécessité d’un motif réel et sérieux pour licencier du CDI.

Les constructeurs automobiles, par exemple, recourent fréquemment aux CDD (sous la forme intérim) lors du lancement d’un nouveau modèle et pendant toute la période de montée en charge et même au-delà. C’est le plus souvent illégal parce qu’il n’y a pas « accroissement temporaire de l’activité », il y a toujours en effet des nouveaux modèles. Les tribunaux, quand ils sont saisis, requalifient les contrats ainsi conclus en CDI. Avec le contrat de mission à objet précis on pourrait, en toute légalité, écrire à un salarié qu’il est recruté pour la période de lancement de tel nouveau modèle ou bien pour la période de montée en charge de tel marché à l’export, c’est le chef d’entreprise qui décréterait à tout moment que la période de lancement est terminée.

Avec 900 000 CDD et 650 000 intérimaires en permanence (donc deux fois plus de personnes concernées puisque ces précaires ne travaillent en moyenne que 6 mois par an) l’emploi précaire est déjà à un niveau très élevé, ça ne suffit pas aux actionnaires des grands groupes qui veulent toujours plus, conformément au credo de Laurence Parisot selon laquelle « la vie, l’amour, la santé sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette règle ? »

L’accord limite ce nouveau CDD aux ingénieurs et cadres. Rien n’empêchera demain de l’étendre à tous comme cela s’est fait avec le forfait jour réservé aux cadres par Aubry et étendu récemment à tous les salariés.

De plus l’accord prévoit la légalisation du « portage salarial », cette forme extrême de l’intérim où un salarié (le porté) se cherche des missions chez des clients, un intermédiaire (l’entreprise de portage) établissant des factures au client et les transformant en salaires après avoir déduit sa commission. Du trafic de main d’œuvre actuellement illégal.

On fera un sort rapide à la promesse que tous ces suppléments de souplesse favoriseront l’embauche et la lutte contre le chômage. Cette soupe a été servie cent fois depuis la légalisation de l’intérim en 1972 jusqu’à la dernière loi sur le rachat des RTT en passant par l’abrogation du volet anti-licenciement de la loi de modernisation sociale. On connaît les résultats.

Quant aux concessions qu’auraient arrachées les syndicats c’est la misère : Indemnité de licenciement portée à 1/5ème de mois de salaire, c’est déjà ce que prévoit la plupart des conventions collectives et c’est très faible (deux mois pour dix ans d’ancienneté, en Espagne c’est cinq fois plus depuis longtemps). Portabilité de certains droits comme les 20 petites heures de DIF annuels. Stages des jeunes pris en compte dans la période d’essai, encore heureux puisque ces stages sont des essais, de surcroît non ou mal payés.

Dans ces conditions où, à 99 %, l’accord est favorable au patronat on peut se demander quelles peuvent être les raisons réelles des signatures ? Des pressions de toutes sortes se sont elles exercées ? Mystère !

par Sylvain Chicotte publié dans : Actualités
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Mercredi 16 janvier 2008


 

A l’exception notable de la CGT les syndicats ont donc signé l’accord interprofessionnel sur les contrats de travail. La décision finale, transposition dans la loi, est maintenant entre les mains de Sarkosy qui a mis la pression sur les syndicats en exigeant qu’ils signent une grosse partie du cahier de revendications du Medef sous la menace d’en transcrire la totalité dans une la loi.

Les exigences du Medef portent sur trois questions essentielles avec comme point commun la recherche d’une flexibilité, d’une insécurité encore plus grandes que celles que connaissent déjà les salariés.

 D’abord allonger les périodes d’essai.

Il s’agirait à la fois de mieux apprécier les compétences du salarié recruté et de bénéficier d’une période de consolidation économique. Les périodes d’essai sont généralement d’une durée d’un mois et de trois mois pour les cadres, ce qui est largement suffisant pour mesurer les qualités professionnelles d’un travailleur d’autant plus que l’embauche est entourée d’un luxe de précautions inouï. D’autre part, dans la pratique, la période d’observation est (en toute illégalité) plus longue puisque le recrutement en CDI est très souvent précédé de CDD ou d’intérim. Quant à la période de consolidation économique le raisonnement patronal devrait le conduire à exiger des périodes d’essai illimitées puisque la pérennité des commandes n’est jamais certaine.

En fait l’allongement des périodes d’essai présente deux avantages au yeux des patrons : se débarrasser quand ils le veulent des éléments jugés indésirables et pendant toutes ces périodes faire suer le burnous au maximum aux personnes embauchées à l’instar des méthodes de cette grande surface qui prenait 20 jeunes en contrats de qualification de deux ans en même temps et en annonçant qu’à l’arrivée il y en aurait 5 recrutés en CDI : des mères affolées devant l’état d’épuisement de leurs fils mis ainsi en concurrence appelaient l’inspection du travail pour demander ce qu’il était possible de faire.

Il faut savoir cependant que les périodes d’essai sont fixées par les conventions collectives de branches, l’accord interprofessionnel et la loi ne peuvent les abroger. Il faudra que dans chaque branche les patrons obtiennent les signatures syndicales.

 La séparation à l’amiable

Il s’agit d’organiser une vaste fraude aux Assedic incompatible avec « la France qui se lève tôt ».

En fait cette modalité de rupture existe depuis toujours. La nouveauté serait qu’elle ouvrirait droit aux allocations chômage alors qu’actuellement il faut « être involontairement privé d’emploi » pour toucher les allocations.

Aujourd’hui « la séparation à l’amiable » se pratique autrement. Les départs, le plus souvent après 57 ans, sont arrangés entre employeurs et salariés : une lettre de licenciement avec un motif imaginaire accepté par le salarié. L’entreprise réduit ainsi, ou renouvelle, ses effectifs à peu de frais, le salarié de son côté est satisfait de partir en retraite anticipée payée pendant trois ans par l’Assedic. Ces pratiques sont légion en particulier dans les plus grandes entreprises. Actuellement 450 000 personnes sont ainsi dispensées de recherche d’emploi, non comptées dans les chiffres du chômage.

L’accord conclu légaliserait donc ces pratiques frauduleuses. Mais en plus il conduira à plus de licenciements : l’employeur qui veut se débarrasser d’un salarié pourra pousser le salarié vers la porte en lui menant la vie dure tout en lui faisant miroiter comme issue les allocations chômage au lieu d’une hypothétique procédure prud’hommale. En quelque sorte les allocations Assedic se substitueraient aux dommages payés par l’employeur sur décision du juge.

Il s’agirait, dit le Medef, de protéger les chefs d’entreprise contre l’insécurité juridique que représente les procédures devant les conseils des prud’hommes. D’où aussi l’exigence d’un plafonnement des indemnités accordées par le juge en cas de licenciement abusif. Etonnant de la part de gens qui prétendent que la caractéristique première de ces surhommes que sont les chefs d’entreprise c’est justement le goût du risque qui justifie leurs hautes rémunérations !

Mais quelle est donc dans la réalité l’ampleur du risque pris par le patron quand il licencie ? Le recoupement de diverses sources donnent ceci : bon an, mal an 800 000 licenciements par an, 140 000 procédures engagées en justice par les victimes dont 40 000 aboutissent à des condamnations en dommages et intérêts d’un montant moyen de trois mois de salaire, c’est-à-dire que chacun des 800 000 licenciements coûte en moyenne environ 250 € au patronat pris dans son ensemble. On voit l’urgence à protéger les chefs d’entreprise contre une telle menace !

Il y a bien sûr des cas où la condamnation est plus lourde, 6 mois de salaire, deux ans, quatre ans dans des cas extrêmes. Il reste que ces condamnations visent les cas ou l’abus patronal est manifeste et où le préjudice subi par le salarié est parfois considérable. En réalité le préjudice subi par un salarié de plus de 50 ans ayant fait toute sa carrière dans la même entreprise n’est jamais complètement réparé ; nombreux sont ceux qui, dans cette situation, ne retrouveront plus jamais de travail. Qui donc prend les risques et doit être protégé contre l’insécurité juridique ?

Est-ce que Sarkosy osera, d’une part légaliser les fraudes massives aux Assedic permises par l’accord et, d’autre part, favoriser la tâche de ces voyous qui mettent le couteau sous la gorge d’un travailleur en lui disant : « tu signes à l’amiable avec trois mois d’indemnités ou je continue à te mener la vie dure, tu seras tout de même lourdé et je te garantis qu’alors tu ne retrouveras plus jamais de travail dans la région ». Ces pratiques existent déjà mais en les légalisant on risque de les multiplier et on rend quasi impossible les contestations par les victimes. L’homologation par les directions départementales du travail pose enfin deux problèmes : d’abord, vu le nombre de ruptures, ces directions ne pourront pas suivre, ensuite il semble que le gouvernement a oublié de signaler aux négociateurs qu’il a prévu, dès 2008, la disparition des directions départementales du travail ?

La question se pose : peut-on en France interdire à un citoyen de demander réparation en justice quoi qu’il ait signé ? les tribunaux ne peuvent être privé du droit d’apprécier les conditions dans lesquelles le consentement à été obtenu, les motifs réels de la rupture, ainsi que le montant de la réparation du préjudice.

 Un nouveau motif de CDD : le contrat de mission ou le contrat à objet défini.

Pas si nouveau que cela. Petit rappel historique : dans le silence du code du travail c’est le code civil qui réglemente le contrat de travail, or ce Code napoléon prévoit qu’on peut engager ses services pour une entreprise (un objet) déterminée. Cette possibilité a toujours donné lieu à de nombreux abus et à une très grande précarité tempérée cependant dans ses conséquences dans les périodes de faible chômage comme celle des années 60. En 1982 une ordonnance vient limiter une première fois le CDD de mission en obligeant à fixer une date de fin de contrat. Puis une loi du 12 juillet 1990 interdit totalement ce type de contrat. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que cette loi reprenait le contenu de l’accord interprofessionnel du 24 mars 1990 signé par le CNPF et les syndicats, CGT comprise. Bien que rarement, il arrivait encore à l’époque que le patronat signe des accords de progrès social.

Aujourd’hui le Medef récuse ce que ses prédécesseurs ont admis il n’y a pas si longtemps. On peut se demander dès lors ce que valent les signatures patronales.

Les délégations syndicales l’ont souligné, le CDD de mission serait un mauvais coup contre les salariés car il cumulerait les défauts du CDD c’est-à-dire l’éviction de l’entreprise sans autre motif que la fin de la mission et les défauts du CDI à savoir la possibilité du licenciement à tout moment. Exit la durée minimum garantie du CDD mais exit aussi la nécessité d’un motif réel et sérieux pour licencier du CDI.

Les constructeurs automobiles, par exemple, recourent fréquemment aux CDD (sous la forme intérim) lors du lancement d’un nouveau modèle et pendant toute la période de montée en charge et même au-delà. C’est le plus souvent illégal parce qu’il n’y a pas « accroissement temporaire de l’activité », il y a toujours en effet des nouveaux modèles. Les tribunaux, quand ils sont saisis, requalifient les contrats ainsi conclus en CDI. Avec le contrat de mission à objet précis on pourrait, en toute légalité, écrire à un salarié qu’il est recruté pour la période de lancement de tel nouveau modèle ou bien pour la période de montée en charge de tel marché à l’export, c’est le chef d’entreprise qui décréterait à tout moment que la période de lancement est terminée.

Avec 900 000 CDD et 650 000 intérimaires en permanence (donc deux fois plus de personnes concernées puisque ces précaires ne travaillent en moyenne que 6 mois par an) l’emploi précaire est déjà à un niveau très élevé, ça ne suffit pas aux actionnaires des grands groupes qui veulent toujours plus, conformément au credo de Laurence Parisot selon laquelle « la vie, l’amour, la santé sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette règle ? »

L’accord limite ce nouveau CDD aux ingénieurs et cadres. Rien n’empêchera demain de l’étendre à tous comme cela s’est fait avec le forfait jour réservé aux cadres par Aubry et étendu récemment à tous les salariés.

De plus l’accord prévoit la légalisation du « portage salarial », cette forme extrême de l’intérim où un salarié (le porté) se cherche des missions chez des clients, un intermédiaire (l’entreprise de portage) établissant des factures au client et les transformant en salaires après avoir déduit sa commission. Du trafic de main d’œuvre actuellement illégal.

On fera un sort rapide à la promesse que tous ces suppléments de souplesse favoriseront l’embauche et la lutte contre le chômage. Cette soupe a été servie cent fois depuis la légalisation de l’intérim en 1972 jusqu’à la dernière loi sur le rachat des RTT en passant par l’abrogation du volet anti-licenciement de la loi de modernisation sociale. On connaît les résultats.

Quant aux concessions qu’auraient arrachées les syndicats c’est la misère : Indemnité de licenciement portée à 1/5ème de mois de salaire, c’est déjà ce que prévoit la plupart des conventions collectives et c’est très faible (deux mois pour dix ans d’ancienneté, en Espagne c’est cinq fois plus depuis longtemps). Portabilité de certains droits comme les 20 petites heures de DIF annuels. Stages des jeunes pris en compte dans la période d’essai, encore heureux puisque ces stages sont des essais, de surcroît non ou mal payés.

Dans ces conditions l’accord est favorable au patronat à 99 %. Mystère ?

par Site PCF publié dans : Actualités
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Mercredi 16 janvier 2008

Le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, vient d’interpeller les maires afin de les appeler, à titre expérimental dans un premier temps, à organiser l’accueil des enfants dans les écoles, avec des personnels municipaux, dans le cadre de sa volonté d’instaurer le service minimum. Cette charge nouvelle serait financée par les retenues sur les salaires des enseignants grévistes. Il tente, par ce subterfuge indigne, de remettre en cause le droit de grève des enseignants et de diviser les personnels.

Responsable de la situation de conflit entre les enseignants et le gouvernement, Xavier Darcos doit revenir sur sa politique de destruction du service public de l’Éducation nationale, réduit à un service minimum d’enseignement par les dernières mesures en cours :

- retrait de 2 heures hebdomadaires d’enseignement dans les écoles (soit l’équivalent de 12 jours d’école supprimés pour les élèves de l’enseignement du 1er degré, ou l’équivalent de 3 semaines de grève chaque année !) ;

- suppression de 11 200 personnels en 2008 ;

- recentrage de l’école sur un socle commun de plus en plus restreint de connaissances ;

- suppression d’une année d’enseignement pour les baccalauréats professionnels ;

- suppression de nombreux BEP qualifiants au profit d’une vague certification etc.

L’Association nationale des élus communistes et républicains est solidaire des revendications des personnels de l’Éducation nationale. Elle s’oppose aux différentes dispositions désastreuses concernant l’école prises sans consultation. Elle exige que soit menée une réflexion de fond pour mettre en place un service public de l’Éducation nationale digne de ce nom. L’amélioration du statut et du pouvoir d’achat des personnels qui en découlera, permettra de répondre à leurs attentes et d’anticiper les conflits sociaux.

L’ANECR est aux côtés des maires et des élus qui refusent de mettre en place ce service minimum dans les écoles lors des actions de grève des personnels, et apporte son total soutien à la journée du 24 janvier.

Montreuil, le 16 janvier 2008

par ANECR publié dans : Actualités
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Mercredi 16 janvier 2008

Le PCF se félicite de la décision du gouvernement d’instaurer un moratoire sur la culture d’OGM en France. Au vu de l’importance des risques sur la santé et l’environnement des OGM, au vu de l’absence d’évaluation de ces risques, tant la recherche publique en la matière est pauvre, tout justifiait la nécessité de stopper des productions à l’intérêt agricole plus qu’incertain. Cette avancée devrait évidemment en appeler d’autres.

Le PCF rappelle sa position très claire à ce sujet : nous demandons un moratoire sur la culture d’OGM, alors que les recherches en milieu confiné doivent pouvoir se poursuivre dans les meilleurs conditions. Ainsi, l’investissement annoncé en parallèle par le gouvernement dans la recherche en biotechnologies devrait profiter à la seule recherche publique, indépendante des grands groupes comme Monsanto. L’effort financier annoncé doit aussi servir à empêcher la privatisation du vivant orchestrée par les semenciers. Cette recherche devrait aussi servir à faire avancer la recherche agronomique dans son ensemble, à évaluer la dangerosité réelle ou virtuelle des OGM, leur impact sur l’environnement, leur utilité agronomique.

Le PCF estime qu’un grand débat scientifique et démocratique doit maintenant s’ouvrir sur les conséquences de l’utilisation des plantes génétiquement modifiées. C’est désormais la tâche à laquelle il convient de s’atteler.

par Site PCF publié dans : Actualités
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Mardi 15 janvier 2008

Le Tribunal a suivi, en atténuant,  la réquisition de Madame le Procureur en m’infligeant une amende de 500 euros avec sursis pendant 5 ans (450 euros avait été requis).

C’est affligeant ! Car le débat du procès a démontré qu’il n’y avait pas « entrave à la circulation d’un aéronef », ni même intention d’entrave, mais qu’il y avait usage d’une liberté fondamentale inscrite dans nos Constitutions depuis 1789 : la liberté d’opinion et d’expression.

Le faible montant de la sanction demandée prouvait cette démonstration. Je regrette cette décision du Tribunal mais bien sûr je la respecte. Elle donne l’impression que le Tribunal prononce cette sanction pour ne pas avoir à prononcer la relaxe, ce qui n’est pas très compréhensible ni cohérent avec les relaxes de Marie-Françoise DURUPT et Florimond GUIMARD.

Mais ce qu’il faut retenir, c’est le caractère ridicule et symbolique de la sanction : ça ne freinera pas la poursuite et le développement de la solidarité envers les sans-papiers, au moment où des centaines d’entre eux sont emprisonnés dans les centres de rétention, traités comme des délinquants, privés de la liberté de circuler, de vivre tout simplement.

L’heure est à la promotion d’une toute autre politique de l’immigration fondée sur de véritables coopérations internationales, pour faire reculer la misère et arrêter les guerres.

Je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui m’ont soutenu, exprimé leur solidarité et ils sont nombreux à travers toute la région et la France, les réseaux RESF et le collectif isérois composé de toutes les forces syndicales, associatives, politiques et citoyennes de la gauche, les 10 000 citoyens qui ont signé la pétition, les élus et personnalités, et bien sûr mon avocat, Claude COUTTAZ.

François Auguste
Vice Président de la Région Rhône Alpes

par François Auguste publié dans : Actualités
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Lundi 14 janvier 2008


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La ministre de l’intérieur annonce aujourd’hui un plan sécurité qu’elle appliquera en Seine-Saint-Denis, département pilote, avant de l’étendre à l’ensemble du pays.
Parmi les mesures annoncées, celle de renouer avec une police proche des gens, des élus locaux, de la justice, de l’éducation nationale, des associations. Il s’agit donc même si le mot semble encore tabou pour Michèle Alliot-Marie, d’un retour à une police de proximité que l’ancien ministre de l’intérieur et actuel Président de la république n’avait de cesse de décrier et d’accuser de tous les maux.

Le PCF se félicite de ce retour à la raison et que l’on satisfasse à la revendication des populations des quartiers populaires qui réclamaient le retour des policiers îlotiers, notamment en Seine-Saint-Denis.

Si la raison avait prévalu plus tôt, beaucoup d’évènement aurait certainement été évité. Avoir attendu cinq ans pour reconnaître l’évidence est une faute majeure pour celles et ceux qui se sont autoproclamés « les champions de la lutte contre l’insécurité ».

Olivier Dartigolles porte-parole du PCF

Paris, le 14 janvier 2008

par Dartigolles publié dans : Actualités
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Samedi 12 janvier 2008
Grève des soins de Bruno-Pascal Chevalier : Soutien de Marie-George Buffet, Président du groupe Sida à l’Assemblée nationale

 

Bruno-Pascal Chevalier, malade du Sida, est en grève des soins pour protester contre les franchises médicales.

Son action, qu’il ne veut pas exemplaire mais strictement personnelle, vise à protester contre cette attaque de l’un de nos droits fondamentaux, l’accès aux soins pour tous, quelques soient ses revenus.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF et Présidente du « groupe Sida » à l’Assemblée nationale, accompagnée de Richard Sanchez, membre du Comité exécutif national du PCF, et de Marjolaine Rose, Maire de Morsang-sur-Orge, sont venus lui apporter leur soutien.

Marie-George Buffet lui a dit son immense respect et a salué cet acte courageux. Il doit être entendu, les franchises doivent être supprimées.

Marie-George Buffet appelle toutes celles et tous ceux qui veulent soutenir l’action de Bruno-Pascal Chevalier à écrire un message sur son blog (www.grevedesoins.fr).

Parti communiste français

Paris, le 11 janvier 2008.

par Marie George Buffet publié dans : Actualités
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Vendredi 11 janvier 2008

Je me réjouis de la libération de Clara Rojas et de Consuelo Gonzalez Perdomo après tant d’événements et d’incertitudes. Je partage la joie et l’ émotion de leur famille.

Je me félicite de l’action du président Hugo Chavez et de la député colombienne Piedad Cordoba. L’engagement depuis des mois des représentants de la France, de la Suisse, de l’Argentine, du Brésil, de Cuba, de Bolivie et de l’Equateur doit aussi être souligné. Ce succès patiemment négocié confirme que la menace d’une intervention militaire, présentée comme seule solution possible par le Président colombien, Alvaro Uribe, a perdu toute crédibilité.

Ces deux libérations doivent permettre d’aller vers celle des autres personnes retenues en otage par les FARC, notamment Ingrid Betancourt, et celle des prisonniers politiques détenus par le gouvernement colombien.

Cette issue positive peut constituer un pas déterminant dans la voie d’ un règlement politique négocié du conflit armé. Une solution durable appelle un engagement clair de toutes les parties en faveur de la paix et une volonté d’ établir les conditions de la justice sociale, de la démocratie, du respect des droits humains et de la fin d’ un système politique autoritaire marqué par la corruption et l’alliance avec les mafias.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF

Paris, le 10 janvier 2008.

par Barrionuevo publié dans : Actualités
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Mercredi 9 janvier 2008


 

Lors de ses voeux à la presse, le président de la République a repris une proposition que Marie-George Buffet a défendu dans la campagne des présidentielles en invitant à « réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques ».

Cette proposition peut permettre de sortir le service public de l’audiovisuel de logiques mercantiles qui étouffent les programmes et réduisent la place de la création. Il faut en effet un service public qui fasse entendre et voir sa différence, concevoir une télévision populaire et exigeante incompatible avec la course à l’audimat et la flatterie démagogique.

Mais nous ne sommes pas dupes. Cette proposition peut aussi dissimuler une machine de guerre visant à réserver la manne publicitaire à quelques grands groupes industriels qui dominent les médias français, à renforcer ainsi leur emprise et à assécher les ressources de la télévision publique. Nous réaffirmons d’ailleurs notre vigilance à l’égard de toute tentation visant à exercer une tutelle politique sur l’audiovisuel public par le biais de son financement.

Débarrasser les chaînes publiques de la publicité suppose indissociablement que leurs recettes soient garanties et augmentées par le biais d’une taxe sur l’ensemble des recettes publicitaires : un prélèvement de 5% représenterait un volume de 1,5 milliard d’euro permettant de refinancer le service public de l’audiovisuel mais aussi de soutenir les médias alternatifs du tiers secteur associatif.

Le Parti Communiste Français demande la création d’une commission parlementaire chargée d’instruire un tel projet. Elle devrait impliquer tout particulièrement les organisations syndicales et les associations d’usagers. Cette commission devrait en outre travailler à des propositions visant à réduire l’emprise de la publicité sur les médias, notamment dans les émissions d’information ou destinées au jeune public et à faire reculer la concentration et la financiarisation des médias qui mettent en danger le pluralisme de l’information.

Parti communiste français

Paris, le 9 janvier 2008.

par PCF publié dans : Actualités
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Mardi 8 janvier 2008
La secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet a estimé mardi que "les Françaises et les Français qui attendaient des réponses sur leur première préoccupation, le pouvoir d'achat, et plus particulièrement les revenus, ne peuvent que ressentir colère et déception", à l'issue de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy.

"Dans tous les domaines, notamment le travail, l'éducation ou encore la santé, les mesures désastreuses que les Français subissent déjà, seront aggravées",  "L'augmentation de la pauvreté, de l'exclusion, de la précarité démontre l'ampleur de l'échec de cette politique",

Le président "explique tout, y compris l'injustifiable". "La croissance n'est plus absente, mais mal mesurée. Le pouvoir d'achat n'est plus un problème car la qualité remplace la quantité".

"Il est tout simplement faux d'expliquer que l'on peut faire mieux avec moins. Les services publics ont besoin d'investissement humain et financier pour répondre aux besoins et donc pour assumer leur mission", prévient Marie-George Buffet. "C'est une vision ultra-réactionnaire et destructrice du changement. Le projet de civilisation de Nicolas Sarkozy, c'est l'assurance de pire en jouant sur les peurs", conclut-elle. AP

par Selon AP publié dans : Actualités
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