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            29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 12:49

            Les 16 et 25 avril derniers, une collégienne de Charleville-Mézières, n'a pu se rendre en cours parce qu’elle portait une jupe trop longue, assimilée à "un signe ostentatoire d'appartenance religieuse".

            Pour mettre en place cette interdiction, la Principale s’est appuyée sur la loi de 2004.

            Petit retour en arrière sur les évolutions des lois :

            En 1791 une loi interdit aux femmes le port du pantalon. C’est la loi du 26 Brumaire an IX de la République. Elle dispose que toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation. Celle-ci ne pouvant être donnée qu’au vu d’un certificat d’un officier de santé !

            Avec la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État, la République a accepté que s’expriment librement dans la cité les diverses convictions, sous la seule réserve de ne pas porter atteinte à l’ordre public et à ses lois fondamentales. Cela vaut notamment pour le vêtement : ainsi, les arrêtés pris par certaines municipalités afin d’interdire, par exemple, le port de la soutane dans leur commune, ont été jugés illégaux par le Conseil d’État.

            Mais pour les services publics, des restrictions ont été adoptées et toujours confirmées afin de garantir leur neutralité. Ces mesures ne s’appliquent généralement qu’aux agents publics et ne concernent pas les usagers si ceux-ci ne mettent pas en cause le bon fonctionnement du service public et ne font pas preuve de prosélytisme lors de cérémonies publiques.

            En 1989, la Loi d’Orientation sur l’éducation confirmait la liberté d’expression des élèves, mais à la même époque, un débat, souvent confus et qui a divisé la population française au-delà des clivages traditionnels, s’est périodiquement développé à propos du port de foulards par de jeunes filles.

            Une loi, interdisant le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse, a été adoptée le 15 mars 2004. Son adoption et ses conséquences ont fait l’objet d’appréciations contradictoires que sa mise en œuvre, pourtant largement acceptée, n’a pas totalement fait disparaître, comme le montre cet évènement.

            La laïcité ne se mesure pas à la longueur d’une jupe

            La laïcité est un principe politique actif de la République. Pour autant, doit-elle faire l’objet, dans le débat public, de polémiques et de crispations. La laïcité ne peut être utilisée pour stigmatiser ou pour exclure, alors que son fondement vise à établir la liberté de conscience, l’égalité des droits et le vivre ensemble fraternel. Les défis laïques sont aujourd’hui majeurs. Celui de la lutte contre l’intégrisme, celui du respect de la souveraineté populaire, celui de la lutte contre toutes les discriminations, celui de la justice sociale...

            La laïcité gagne à être connue pour ce qu’elle est vraiment, un principe révolutionnaire et émancipateur.

            Sous couvert d'une sorte de dogme et dans une attitude d'intransigeance mal-placée, la laïcité est de plus en plus souvent invoquée à contre-sens, comme on a également pu le voir à l'occasion d'une nouvelle polémique sur les repas de substitution dans les cantines scolaires.

            La Principale de ce collège intervenant sur la longueur de la jupe de cette collégienne alimente l'affrontement identitaire et la stigmatisation des musulmans.

            La laïcité, principe républicain essentiel, condition d'un vivre ensemble harmonieux, n'a nul besoin d'interdictions de ce genre. Elle appelle à mener les batailles pour la liberté de pensée et la liberté d'expression comme pour l'égalité de droits réelle et effective, pour une souveraineté populaire pleine et entière.

            Derrière ces conceptions faussées de la laïcité, se nichent des offensives visant à opposer les citoyens sur des lignes religieuses, à alimenter les comportements racistes, et à diviser le peuple pour le plus grand bénéfice du capitalisme.

            La laïcité n’est pas un problème, mais une solution, un principe émancipateur qui gagne à être connu et surtout mis en œuvre. Il appelle une plus grande ambition : un nouvel essor de l’égalité et de la démocratie. Et un nouvel essor du service public d’éducation nationale, qui pour l’heure, n’est malheureusement pas encore au rendez-vous.

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            Publié par Barrionuevo - dans Actualités
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