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            23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 10:18

            Ci-dessous, le texte intégral de l'introduction de Annie David, sénatrice communiste de l'Isère:

            Ces élection départementales sont d'une très grand importance, tant pour ses enjeux locaux liés à la vie quotidienne de nos concitoyennes et concitoyens, que par ses enjeux nationaux.

            Ainsi, au gouvernement et au Parti socialiste, on attend de savoir si la sanction des élections municipales se répète ; et à l’UMP, c’est la même chose, mais dans la perspective du gain de nombreux départements, annonciateur, de mon point de vue, d’une aggravation de la situation économique et sociale de leurs habitantes et habitants.

             Bref, une France toute bleue après une France toute rose ou presque !

            Avec en plus, cette fois, des taches noires, toute noire, celles laissées par le Front National qui entend utiliser les élections départementales pour poursuivre son implantation locale et faire grandir l’idée qu’il est prêt à assumer des responsabilités nationales.

            Voilà tout l'enjeu de ces élections, et notre volonté est bien de combattre la droite et ses idées libérales, et bien sûr de combattre l'extrême droite et ses idées nauséabondes ; notre volonté est bien de faire gagner la gauche !
            Pour autant, il ne s’agit pas de se raconter des histoires ni non plus d’en rajouter sur les méfaits de la politique gouvernementale.

            Une politique qui tourne le dos aux idéaux de la gauche, qui accepte et participe aux injonctions d’une Europe ultralibérale, qui sert avant tout les intérêts du patronat et n’écoute ni les travailleurs, ni les retraité-e-s, ni les jeunes, ni même ses parlementaires et le 49-3 sorti cette semaine à l'Assemblée Nationale par Manuel Valls en est une démonstration brutale !   

            Mais comme nous, nos ami-e-s, nos voisin-e-s, nos collègues de travail savent cela, vivent cela douloureusement, et peut-être plus encore que nous, cette politique les déçoit et comme nous, elles et ils la condamnent.

            Aussi, nos candidatures et la campagne que vont mener nos candidates et candidats, doivent permettre une prise de conscience populaire que d’autres choix sont possibles, qu’une alternative et le rassemblement des citoyennes, des citoyens et des forces nécessaires pour l’imposer sont des objectifs crédibles.

            Nous n’en sommes pas là, certes, et il n’y a pas non plus de modèle qu’il suffirait de copier.

            Prenons par exemple, la victoire de nos ami-e-s de Syriza en Grèce ; certes elle nous réchauffe le cœur et nous emplit d’espoir et nous voulons, en France et dans toute L’Europe contribuer à faire réussir le projet d’alternative à l’austérité du gouvernement Grec ; mais n'oublions pas que cette formidable victoire est celle des grecs, obtenue dans les conditions spécifiques de ce pays avec des institutions et un système politique eux aussi spécifiques et donc différents du nôtre.

            Ce qui nous rassemble, c’est que nous avons en commun notre opposition à une austérité qui ravage tout, l’ambition de refonder l’Europe et pour ce faire, la confiance dans la force des peuples et dans la démocratie.

            C’est déjà beaucoup !

            C'est la raison pour laquelle les communistes de l'Isère ont accepté de se rassembler à d'autres forces de gauche, pour ensemble combattre les politiques d'austérité. Pour les communistes, ce rassemblement est une démarche pour l'avenir, un outil à la disposition de notre peuple pour enfin participer à la construction d'un autre avenir. Ce rassemblement répond aux attentes légitimes des femmes et des hommes aujourd'hui inquiet-e-s pour leur avenir et en colère par la politique menée par un gouvernement pourtant socialiste.

            Les mêmes forces de gauche se sont d'ailleurs retrouvées au niveau régional pour initier la même dynamique.

            Néanmoins, devant l'impossibilité d'aboutir à un large rassemblement de l'ensemble des forces de gauche iséroises pour cette échéance départementale et bien qu’aucun accord n’ait été signé par la fédération du parti communiste français de l’Isère avec aucune organisation politique, les communistes de l'Isère réaffirment que ce rassemblement a du sens, qu' il est nécessaire car il est un véritable outil de victoire de la gauche, face à un PS en mauvais posture mais surtout face à la droite et au danger de l'extrême droite, pour porter ensemble une véritable alternative démocratique et républicaine, basée sur une politique sociale, solidaire et écologiste.

            C'est la raison pour laquelle je ne partage pas du tout l’opinion selon laquelle avoir un conseil général dirigé par la gauche, comme avec nos camarades dans L’Allier ou dans le Val de Marne ou comme ici en Isère par un socialiste, avec des communistes en nombre, ce serait la même chose que s’il était dirigé par la droite.

            Dans aucun domaine ce n’est la même chose.

            Avec la droite, toutes les décisions sont prises au nom du libéralisme pour favoriser le haut de la société, les promoteurs et spéculateurs de tout poil.

            Avec la gauche, nos élu-e-s s'efforceront, non sans difficultés et insuffisances bien sûr, de prendre en compte l’intérêt général et le plus grand nombre des Iséroises et des Isérois.

            Evidemment ce serait mieux si les électrices et les  électeurs  nous donnaient une plus grande influence. Et pas pour écraser les socialistes, ou qui que se soit d'autre à gauche. L’enjeu est ailleurs.

            L'enjeu, c'est avant tout d'écraser l’austérité et le chômage, l’avenir bouché pour les jeunes ; c'est écraser les injustices, le surendettement qui frappe tant de familles, la sous rémunération du travail ouvriers et paysans, l’insupportable insuffisance des retraites, et mettre fin a la destruction de nos services publics de proximité, je pense à la poste notamment...

            Ce que nous voulons c’est que nos idées de solidarité, de respect, de tolérance, d’ouverture, face à la droite et à l’extrême-droite, imprègnent davantage la politique du département.

            Oui, ce que nous voulons avant tout c’est que la vie des habitantes et des  habitants s’améliore, que les enfants et les jeunes puissent avoir un espoir et  un avenir, des rêves  à la mesure de ce que pourrait offrir une société développée comme la nôtre :

            - Partage des richesses et nouvelle manière de les produire c'est-à-dire un nouveau cadre de développement écologique ;

            - Partage des savoirs donc l’accès a l’éducation et la culture pour toutes et tous ;

            - Partage des pouvoirs c'est-à-dire la démocratie poussée le plus loin possible.

            Aussi, dans cette campagne, les communistes et leurs partenaires, seront les militantes et les militants de  LA LIBERTE , de L’ÉGALITE, de LA FRATERNITE .

            Mais quel sens a l’Égalité quand l’État, garant de l’unité et de l’indivisibilité de la République, prévoit de délaisser ses compétences au profit de « méga régions » commandées par l’Union européenne pour satisfaire aux besoins insatiables de la guerre  économique et des commis de la finance ? Quel poids aura un département rural face aux métropoles qui produiront, nous dit-on, 60% de la richesse nationale ? Quelle garantie pour l’égalité d’accès des citoyennes et des citoyens aux services publics, à l’emploi, à la formation ?  

            Quel sens a la Liberté quand 5 millions de nos concitoyennes et concitoyens sont privé-e-s d’emploi, que 9 millions vivent en dessous du seuil de pauvreté, quand les aspirations populaires sont étouffées par des impératifs comptables, quand M Juncker déclare qu’ « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » ? Ces mêmes traités qui ont été imposés aux Etats contre la volonté des peuples, rejetés ici comme en Irlande ou au Pays-Bas !

             Quelle valeur a la Fraternité quand tout pousse à nous méfier du voisin, à cause de sa religion, de sa couleur de peau. Quand les travailleurs les plus pauvres et les chômeurs sont opposés à celles et ceux qui parviennent tant bien que mal à sortir la tête de l’eau ?

            Aussi, nos candidates et candidats, et toutes et tous les communistes auront à cœur, à travers ces élections départementales, de remettre sur ses pieds l’idéal républicain, de redonner un sens concret aux valeurs républicaines.

             Car s’il y a bien une institution dont l’existence même est liée à la République, c’est le département. Espace de solidarité promoteur des politiques sociales en direction des salarié-e-s, de la petite enfance et de la jeunesse, du handicap et des personnes âgées, le département est surtout le garant irremplaçable de l’égalité républicaine sur l’ensemble du territoire.

            D’où l’importance d’élire des conseiller-ère-s départementaux communistes et progressistes et des conseiller-ère-s départementaux qui, à leurs côtés, refusent l’austérité.

            Les familles populaires vont en avoir rudement besoin, car il va falloir redoubler d’efforts pour défendre pied à pied les politiques publiques menées par notre département mais aussi les services publics de proximité, qui font l’objet d’une attaque sans précédent à travers les feux croisés de la réforme territoriale et de l’austérité généralisée.

            Au début de mon propos, j’ai évoqué ce que les autres forces politiques attendaient du scrutin de mars prochain. Pour nous, communistes et apparenté-e-s, ce scrutin est une étape qui compte dans la rude bataille en cours pour la relance de notre économie, pour offrir une perspective à la jeunesse, pour développer les services publics et défendre les biens communs contre l’accaparement capitaliste.

            De plus, il permettra de mesurer le poids des forces anti-austérité partout dans le pays pour dessiner l’indispensable convergence des progressistes et des écologistes qui luttent contre les règles absurdes de l’austérité érigée comme politique et qui souhaitent transformer cette société gangrénée par l’argent roi.

            Ce scrutin permettra ainsi d'amorcer l’alternative républicaine et sociale que les communistes veulent participer à construire !

             

            Grenoble le 20 février 2015

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            Publié par Barrionuevo - dans Isère
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